Japon-L'ampleur de la chute du yen commence à inquiéter

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* La baisse du yen n'a pas que des effets positifs * Les importations souffrent, les prix du pétrole grimpent * Le gouvernement souhaite que la devise se stabilise TOKYO, 9 septembre (Reuters) - La baisse du yen, longtemps souhaitée par les décideurs économiques du Japon pour lutter contre une déflation chronique, a pris une ampleur qui inquiète désormais le gouvernement comme les marchés. La monnaie japonaise a atteint mardi un plus bas de six ans par rapport au billet vert, à 106,39 yens pour un dollar, les investisseurs pariant sur un relèvement de ses taux d'intérêt par la Réserve fédérale en raison de la reprise de l'économie américaine. L'économie japonaise, confrontée depuis des années à un endettement colossal et à la déflation, souffre en revanche. Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a enregistré au deuxième trimestre sa plus forte contraction en trois ans et de nombreux indicateurs ont faibli, soulignant les limites de la politique économique mise en oeuvre par le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe. Le ministre de l'Economie, Akira Amari, a fait valoir mardi que les niveaux du yen étaient déterminés par les marchés et non par la politique du gouvernement. Il a cependant ajouté qu'il était souhaitable que la monnaie japonaise se stabilise à des niveaux reflétant l'état réel de l'économie. "Il n'est pas bon pour le Japon ni pour les économies mondiales d'avoir des devises avec de fortes fluctuations, dans un sens comme dans l'autre", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. EFFETS INDÉSIRABLES La baisse du yen est une bonne nouvelle parce qu'elle dope les exportations et aide à vaincre la déflation mais elle a aussi des effets indésirables. "L'objectif de 2% d'inflation doit être une priorité parce que la déflation est le premier des maux de l'économie japonaise depuis 17 ans", souligne Junko Nishioka, économiste à RBS. "Mais un yen plus faible va renchérir le coût des importations et affectera les bénéfices des importateurs japonais", ajoute-t-elle. Même les effets positifs de la baisse du yen commencent à montrer leurs limites. Les exportations patinent ainsi en dépit de la chute récente de la monnaie japonaise. Une déception pour le gouvernement qui avait tablé sur une progression des exportations pour compenser la baisse de la demande intérieure consécutive à la hausse de la TVA en avril. Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, continue de dire qu'un yen faible est bénéfique pour l'économie du pays, que la banque centrale tente de soutenir par une politique monétaire très accommodante. D'autres, dans les milieux politiques et sur les marchés, s'inquiètent désormais ouvertement des effets sur les entreprises japonaises de la hausse des prix du pétrole et des matières premières importées. Sadayuki Sakakibara, le président du Keidanren, la principale organisation patronale du pays, a résumé un sentiment grandissant en déclarant lundi qu'il fallait un yen faible mais pas trop, fixant son niveau idéal à 105 yens pour un dollar. Les marchés eux aussi commencent à s'inquiéter de voir le yen trop baisser. Le nouveau recul du yen mardi face au dollar est ainsi allé de pair avec une hausse limitée de 0,28% de l'indice Nikkei .N225 , le nombre de valeurs en baisse dépassant celui des valeurs en hausse dans une proportion de trois pour deux. (Lisa Twaronite, Hideyuki Sano, Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto, Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Joanny)


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