Japon-Kerry et les ministres du G7 au musée d'Hiroshima

le , mis à jour à 13:32
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 (Actualisé avec nouvelles citations) 
    par Arshad Mohammed et Kiyoshi Takenaka 
    HIROSHIMA, Japon, 11 avril (Reuters) - John Kerry est devenu 
lundi le premier chef de la diplomatie américaine à se rendre au 
mémorial des victimes de la bombe atomique lancée par les 
Etats-Unis sur Hiroshima en 1945, ce qui pourrait être le 
prélude à une éventuelle visite du président Barack Obama le 
mois prochain. 
    Le secrétaire d'Etat participe depuis dimanche et pour deux 
jours à une réunion des ministres des Affaires étrangères des 
pays du G7 organisée dans la ville martyre. Leurs discussions 
portent notamment sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité 
maritime et des questions régionales autour de la Corée du Nord, 
de l'Ukraine et du Moyen-Orient. 
    Accompagné des autres ministres des Affaires étrangères du 
G7, John Kerry a notamment visité le musée du Mémorial de la 
paix de Hiroshima où l'on peut voir des photos des victimes 
brûlées, les vêtements qu'elles portaient et des statues 
montrant leurs blessures.  
    "C'est un spectacle stupéfiant, qui prend aux tripes", 
a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Cela rappelle 
avec force que nous avons tous, en tant que personnages publics, 
l'obligation d'oeuvrer à l'avènement d'un monde sans armes 
nucléaires." 
    "Tout le monde devrait voir et sentir le pouvoir de ce 
mémorial. C'est un rappel fort, rude, incontestable, non 
seulement de notre obligation de mettre fin à la menace des 
armes nucléaires, mais de consacrer tous nos efforts à éviter la 
guerre elle-même", avait-il écrit un peu plus tôt dans le livre 
d'or du musée. 
     
    APRÈS KERRY, OBAMA ? 
    Interrogé par la suite sur une éventuelle visite de Barack 
Obama, par exemple en marge du sommet annuel du G7 qui se 
tiendra le mois prochain au Japon, le secrétaire d'Etat a 
répondu : "Quand je dis tout le monde, c'est tout le monde. 
J'espère donc qu'un jour le président des Etats-Unis pourra 
venir comme tout le monde. J'ignore s'il pourra le faire en tant 
que président." 
    Une visite d'Obama à Hiroshima pourrait susciter la 
controverse, dans la mesure où elle pourrait être assimilée à 
des excuses. Les Américains estiment encore en majorité que 
l'utilisation de la bombe A à Hiroshima et Nagasaki était 
justifiée. 
    Les sept ministres (Etats-Unis, France, Canada, Allemagne, 
Italie, Japon et Royaume-Uni) ont ensuite déposé des couronnes à 
un cénotaphe dédié aux victimes de la bombe A qui a réduit la 
ville en cendres le 6 août 1945 et fait 140.000 morts. 
    Dans un communiqué commun, ils réaffirment leur engagement 
en faveur de la dénucléarisation, mais déplorent les 
"provocations" répétées de la Corée du Nord et la situation en 
Syrie comme en Ukraine. 
    Avant John Kerry, Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des 
représentants, a visité le musée et le parc du mémorial en 2008, 
mais aucun président des Etats-Unis en exercice ne s'est rendu à 
Hiroshima ou à Nagasaki. 
    A l'initiative de Kerry, les ministres se sont rendus au 
dôme de Genbaku ou dôme de la bombe atomique, vestige de la 
seule structure encore debout près de l'hypocentre de 
l'explosion de la bombe, site désormais classé par l'Unesco.     
    Les Etats-Unis ont largué une autre bombe atomique sur 
Nagasaki le 9 août. Le Japon s'est rendu six jours plus tard, 
mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. 
 
 (Aavec Linda Sieg; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
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