Japon-Croissance révisée en baisse, la BoJ sous pression

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(Actualisé avec précisions, commentaires de la BoJ) TOKYO, 9 mars (Reuters) - L'économie japonaise a crû nettement moins vite que prévu au quatrième trimestre, en raison d'une baisse des dépenses en capital qui laisse craindre que le rebond de la consommation ne suffise pas à encourager l'investissement. Le gouvernement nippon a révisé lundi ses estimations de croissance pour le dernier trimestre 2014, à 1,5% en variation annuelle, en net retrait par rapport au rythme de 2,2% annoncé en première estimation et aux attentes des économistes interrogés par Reuters qui étaient également à 2,2% en moyenne. Cette révision fait suite à une série d'indicateurs mitigés sur le Japon ces derniers mois, qui ont illustré la fragilité de la reprise et pourraient, selon des analystes, encourager la Banque du Japon à injecter de nouvelles liquidités dans l'économie cette année afin de relancer d'inflation et la croissance après des années de récession et de baisse des prix. Le gouvernement a expliqué ces révisions par la faiblesse de l'investissement, en repli de 0,1% d'un trimestre à l'autre au lieu d'une hausse de 0,1% initialement annoncée et alors que les économistes tablaient en moyenne sur une progression de 0,3%. L'augmentation de la consommation des ménages a en revanche été révue en hausse, à 0,5% au lieu de 0,3% annoncé à l'origine. Néanmoins, la faiblesse des dépenses d'investissement suggère que la politique monétaire et budgétaire mise en oeuvre par Tokyo n'a pas réussi jusqu'à présent à générer un cercle vertueux permettant à la consommation d'entraîner une amélioration des résultats des entreprises, et une hausse des salaires et de l'investissement. "Une des raisons de la déception au niveau des dépenses en capital est le transfert de production à l'étranger qui a lieu depuis quelques années", explique Norio Miyagawa, économiste chez Mizuho Securities. "Je table tout de même sur une poursuite de la croissance de l'économie, mais le cercle économique vertueux évoqué par les dirigeants politiques ne s'est pas encore mis en place." Face aux inquiétudes sur la croissance au Japon, le vice-gouverneur de la Banque du Japon, Hiroshi Nakaso, a déclaré lundi qu'un nouvel assouplissement monétaire était probable si la baisse des cours du pétrole entravait les efforts de la banque centrale pour relever les perspectives d'inflation dans le pays. "Les baisses du cours du pétrole pourraient peser sur les prix à court terme, mais elles accéléreront l'inflation dans une perspective de plus long terme, car elles profitent aux économies importatrices de pétrole comme le Japon", a-t-il dit à Matsuyama, dans la préfecture d'Ehime (ouest du Japon). "Nous ajusterons notre politique monétaire si la tendance des prix se retourne et si de nouvelles mesures sont nécessaires pour atteindre notre objectif d'inflation de 2% rapidement", a ajouté Hiroshi Nakaso, l'un des deux vice-gouverneurs de la BoJ. Par rapport au troisième trimestre, la hausse du produit intérieur brut a été révisée à +0,4% au lieu de +0,6%. (Stanley White, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)

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