Japon-Au G7, le yen a occulté les autres dossiers

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    par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto 
    SENDAI, Japon, 21 mai (Reuters) - Les Etats-Unis ont adressé 
samedi une nouvelle mise en garde au Japon afin qu'il 
n'intervienne pas sur le marché des changes pour soutenir sa 
devise, occultant les autres sujets de la réunion ministérielle 
du G7 à Sendai, dans le nord de l'archipel. 
    Pour Washington, rien ne justifie que Tokyo agisse pour 
freiner l'appréciation de sa devise, les mouvements du yen 
n'étant pas suffisamment "désordonnées". 
    "Il est important que le G7 trouve un accord, non seulement 
pour s'abstenir de procéder à des dévaluations compétitives mais 
aussi pour communiquer afin que personne ne soit pris au 
dépourvu", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Jack 
Lew, lors d'une conférence de presse organisée en clôture du 
sommet du G7. 
    Le ministre japonais des Finances, Taro Aso, a assuré que 
les débats étaient restés calmes même s'il était normal que deux 
pays aient des divergences sur la manière d'apprécier la 
fluctuation des changes. 
    "J'ai dit (à Lew) que les récentes fluctuations allaient 
dans une seule direction et qu'elles étaient spéculatives", a 
dit le Japonais lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'à 
son avis, les hausses enregistrées ces derniers temps par le yen 
étaient "désordonnées". 
    Si Taro Aso et ses homologues ont réaffirmé l'importance de 
la stabilité des changes, le Japon n'a reçu aucun soutien de la 
part des autres pays du G7 en faveur d'une intervention destinée 
à contenir la hausse du yen. 
    "Il y a un consensus autour du fait que la politique 
monétaire est adaptée et qu'il n'y a pas d'écarts importants 
entre devises et qu'il n'est donc pas nécessaire d'intervenir", 
a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin. 
    Les autorités japonaises ne sont pas intervenues directement 
sur le marché des changes depuis 2011. A l'époque, Tokyo avait 
obtenu le feu vert du G7 pour enrayer la hausse du yen, alors 
alimentée par la spéculation sur la possibilité qu'après le 
séisme et la catastrophe de Fukushima, le gouvernement impose 
aux assureurs de rapatrier une partie des fonds placés à 
l'étranger pour financer les indemnisations. 
    Ces derniers mois, Tokyo a exprimé à plusieurs reprises son 
inquiétude sur le caractère excessif de la hausse du yen, des 
arguments toujours rejetés par Washington, qui plaide pour des 
accords empêchant les interventions sur les devises. 
    Le dollar s'échangeait autour de 110 yens vendredi mais il 
était tombé au début du mois sous 107 yens, accusant alors un 
repli de plus de 12% face à la devise japonaise depuis le début 
de l'année. 
     
    MIX DE POLITIQUES 
    Après avoir poussé jusque dans leurs derniers retranchements 
les politiques d'assouplissement monétaire, les pays du G7 
peinent à parler d'une seule voix pour relancer une croissance 
anémique. 
    Ils ont réclamé samedi la mise en oeuvre d'un mix de 
politiques monétaires, budgétaires et structurelles tout en 
laissant à chaque pays le soin de choisir ses propres priorités. 
    L'Allemagne est de son côté resté sourde aux appels du Japon 
et des Etats-Unis, qui lui demandaient d'augmenter sa dépense 
publique. 
    "Le plus important, ce sont les réformes structurelles (...) 
on admet de plus en plus (au sein du G7) que les réformes 
structurelles sont cruciales", a déclaré le ministre allemand 
des Finances, Wolfgang Schäuble. 
    Jack Lew a également recommandé au Japon de maintenir sa 
politique d'assouplissement monétaire, mettant en garde contre 
les risques qu'impliquent la hausse de la TVA prévue l'année 
prochaine. 
    "Bien sûr, c'est au Japon de se faire sa propre opinion sur 
la trajectoire à prendre. Mais il est primordial de ne pas 
mettre l'économie en danger", a-t-il dit. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
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