Japon: 44% des heures supplémentaires ne sont pas payées - étude

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    TOKYO, 18 décembre (Reuters) - Près de la moitié (44%) des 
longues heures supplémentaires qu'endurent les salariés japonais 
ne leur sont pas payées, selon une étude de la Confédération des 
syndicats japonais dont les résultats suggèrent que les données 
gouvernementales minorent le problème. 
    D'après cette étude menée auprès de 2.000 salariés, les 
Japonais travaillent en moyenne 40,3 heures supplémentaires par 
mois, dont 22,7 seulement sont rémunérées. 
    Les statistiques publiques chiffrent pour leur part à 14,2 
heures le nombre moyens d'heures supplémentaires mensuelles. 
    Cet écart traduit l'ampleur de la tâche pour le Premier 
ministre Shinzo Abe qui, dans le cadre de son plan visant à 
relancer la croissance et sortir de la déflation, veut accroître 
le pouvoir d'achat de ses compatriotes. 
    Depuis son investiture, fin 2012, les profits récurrents ont 
progressé de 62,3%. Dans le même temps, les salaires n'ont 
augmenté que de 2,1% et les dépenses des ménages de 1,6%. 
    "Il ne fait aucun doute que des entreprises volent à leurs 
employés salaires et temps libre", estime Toko Shirakawa, 
professeure à l'Université pour femmes de Sagami et membre d'un 
comité gouvernemental sur la culture du travail au Japon. 
    La loi prévoit bien une rémunération des heures 
supplémentaires, mais des entreprises découragent leurs salariés 
à les déclarer et la pratique est si ancienne qu'elle paraît 
normale. 
    "Les salariés sont souvent soumis à des pressions de leurs 
supérieurs, parfois de manière subtile ou tacite, pour qu'ils 
déclarent moins d'heures supplémentaires que la réalité", 
souligne Toshiaki Matsumoto, directeur général de HR Strategy, 
une société de conseil en ressources humaines. 
 
 (Stanley White et Izumi Nakagawa; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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