Janet Yellen souligne que la Fed doit encore soutenir la reprise

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JANET YELLEN SOULIGNE QUE LA FED DOIT ENCORE SOUTENIR LA REPRISE
JANET YELLEN SOULIGNE QUE LA FED DOIT ENCORE SOUTENIR LA REPRISE

par Alister Bull et Jonathan Spicer

WASHINGTON (Reuters) - Janet Yellen, choisie par Barack Obama pour succéder à Ben Bernanke à la présidence de la Réserve fédérale américaine, a défendu avec force jeudi au Sénat la politique de soutien à la croissance de la banque centrale, jugeant "impératif" de poursuivre les efforts entrepris pour faire baisser le chômage.

Interrogée par des membres de la commission bancaire du Sénat, la vice-présidente de la Fed a clairement laissé entendre que celle-ci poursuivrait sa politique actuelle ultra-accommodante tant que ses dirigeants ne seraient pas assurés que la reprise est suffisamment solide pour favoriser la création d'emploi.

"Je considère qu'il est impératif que nous fassions ce que nous pouvons pour promouvoir une reprise très forte", a-t-elle dit.

Elle a ajouté que les achats d'obligations de la Fed, que certains parlementaires républicains craignent de voir favoriser l'inflation ou la formation de bulles financières, ne dureraient pas éternellement mais aussi que la décision de réduire ces achats dépendrait de l'évolution des indicateurs économiques.

La Réserve fédérale consacre pour l'instant 85 milliards de dollars (63 milliards d'euros) par mois à ces achats.

La banque centrale américaine maintient des taux d'intérêt proches de zéro depuis la fin 2008 et elle a quasiment quadruplé la taille de son bilan, qui avoisine désormais 3.800 milliards de dollars, au fil de trois campagnes successives d'"assouplissement quantitatif" (QE), des achats de titres destinés à soutenir le crédit et l'activité économique.

WALL STREET APPRÉCIE

Lors de sa dernière réunion, fin octobre, elle a maintenu ces achats à 85 milliards par mois.

Les investisseurs en actions et en obligations ont salué les déclarations de Janet Yellen en faveur du soutien à la reprise jeudi, l'indice Standard & Poor's 500 inscrivant un nouveau record historique.

Certains observateurs notent toutefois que la vice-présidente de la Fed n'a fait que renforcer des anticipations existantes.

"Elle n'a pas délivré de message spécifique sur le calendrier d'une diminution progressive du QE", note Philip Shaw, économiste du cabinet londonien Investec. "Il semble que la politique restera dépendante des indicateurs pour l'instant."

Désignée le mois dernier par le président américain pour succéder à Ben Bernanke, dont le deuxième mandat à la présidence de la Fed s'achève fin janvier, Janet Yellen est considérée comme une "colombe", plus tolérante envers le risque inflationniste que les "faucons" du comité de politique monétaire.

L'accent mis dans ses récentes déclarations sur le coût élevé du chômage pour l'ensemble de l'économie n'a fait que renforcer cette réputation.

La commission bancaire du Sénat, au sein de laquelle les démocrates disposent de 12 sièges de 22, doit se prononcer sur le choix du président, qu'elle peut théoriquement rejeter, avant un vote de l'ensemble des sénateurs.

En dépit des inquiétudes exprimées par certains républicains sur sa détermination à lutter contre l'inflation, Janet Yellen devrait obtenir sans encombre le feu vert du Sénat: les démocrates détenant 55 sièges sur 100, elle n'a besoin que de cinq voix républicaines pour atteindre le seuil des 60 nécessaire.

Avec Emily Stephenson, Caren Bohan et Anna Yukhananov à Washington, Marius Zaharia à Londres,; Marc Angrand pour le service français

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