James Mattis en visite en Irak, l'armée entre dans Tal Afar

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    par Idrees Ali 
    BAGDAD, 22 août (Reuters) - Le secrétaire américain à la 
Défense, James Mattis, était en visite mardi en Irak, au 
troisième jour de l'offensive déclenchée par les forces 
irakiennes contre Tal Afar, bastion urbain des djihadistes de 
l'Etat islamique (EI) dans le nord du pays. 
    "Les jours de l'EI sont sûrement comptés, mais ce n'est pas 
encore terminé et cela ne le sera pas dans un proche avenir", a 
dit le chef du Pentagone lors d'une escale à Amman. 
    Il a également observé qu'il restait des poches de 
résistance dans la partie occidentale de Mossoul. Les forces 
irakiennes appuyées par les moyens de la coalition 
internationale ont repris le mois dernier, après neuf mois de 
contre-offensive, la grande ville du nord du pays dont l'EI 
s'était emparé à l'été 2014. 
    Lorsque les forces irakiennes auront repris la ville de Tal 
Afar, elles se tourneront vers la vallée de l'Euphrate, dans 
l'ouest de l'Irak, où l'EI contrôle encore des territoires, 
a-t-il dit. 
    Des unités de l'armée et des services antiterroristes 
irakiens ont réussi mardi à pénétrer par l'est et le sud à 
l'intérieur de Tal Afar, a rapporté l'état-major irakien.  
    Selon le général Andrew Croft, responsable des opérations 
aériennes de la coalition internationale en Irak, 10.000 à 
20.000 civils sont pris au piège dans Tal Afar. ( ) 
    Le chef du Pentagone devait s'entretenir dans la journée 
avec le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, et son 
ministre de la Défense, Arfan al Hayali.  
     
    CRAINTE D'UN NOUVEAU CONFLIT 
    Dans l'entourage de James Mattis, on précisait que les 
discussions devaient porter sur l'avenir de la présence 
militaire américaine en Irak après la reprise des dernières 
villes tenues par l'EI et du rôle que le contingent américain 
pourra jouer dans des opérations de stabilisation. 
    James Mattis, qui devait aussi rencontrer Massoud Barzani, 
le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien 
(GRK), compte insister pour un report de leur référendum 
d'indépendance, pour l'instant fixé par les autorités autonomes 
kurdes au 25 septembre. 
    Une délégation représentant la coalition chiite au pouvoir 
en Irak pourrait rencontrer de nouveau des responsables 
politiques kurdes la semaine prochaine afin de tenter de les 
convaincre de reporter ou d'annuler le référendum sur 
l'indépendance, a déclaré un négociateur. 
    Une première session de pourparlers, tenus la semaine 
dernière à Bagdad, a réuni les deux camps et une deuxième 
session pourrait se tenir la semaine prochaine dans la capitale 
du Kurdistan autonome, Erbil, a déclaré à Reuters Abdoullah al 
Zaïdi, négociateur de l'Alliance nationale, la coalition chiite 
au pouvoir à Bagdad. 
    Un responsable kurde, Mala Bakhtiar, déclarait samedi à 
Reuters que l'hypothèse d'un report pourrait être envisagée en 
échange de concessions financières et politiques du gouvernement 
central de Bagdad. 
    Les Etats-Unis et les autres pays occidentaux redoutent que 
la tenue d'un référendum ne déclenche un nouveau conflit avec 
Bagdad et peut-être avec des pays voisins, détournant 
l'attention de la guerre en cours contre les djihadistes de l'EI 
en Syrie et en Irak. 
 
 (Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français) 
 
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