Jacques Cheminade a recueilli ses 500 signatures

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PARIS (Reuters) - Le candidat ayant réalisé le plus petit score de l'élection présidentielle de 1995 en France, Jacques Cheminade, a recueilli les 500 signatures d'élus nécessaires à sa candidature, a-t-on appris mardi dans son entourage.

Cet économiste atypique, classé par certains à l'extrême droite mais qui a appelé en 2007 à voter pour la socialiste Ségolène Royal et se définit lui-même comme "gaulliste de gauche", confirmera qu'il est en lice et détaillera son programme lors d'une conférence de presse à Paris dans l'après-midi.

Jacques Cheminade avait obtenu 0,28% des voix en 1995 et avait vu ses comptes de campagne rejetés par le Conseil constitutionnel.

Nullement refroidi par cette mésaventure, ni par son échec à recueillir les parrainages requis pour se présenter lors des deux précédentes présidentielles, le président du parti Solidarité et Progrès repart donc pour un tour.

Comme en 1995, Jacques Cheminade, aujourd'hui âgé de 70 ans, dénonce le "cancer spéculatif" et rêve d'un monde "sans la City ni Wall Street".

Né en Argentine de parents auvergnats, diplômé de HEC et ancien élève de l'Ena puis fonctionnaire au ministère des Finances, il a d'abord suivi un parcours classique avant de tomber sous le charme de l'économiste américain Lyndon LaRouche, qui prône une réorganisation totale du système financier.

"Nous sommes en guerre", annonce Jacques Cheminade sur son site de campagne. "Un conglomérat d'intérêts financiers opérant depuis la City de Londres et Wall Street domine le monde. Sa loi est le profit à court terme, la possession, la cupidité et le saccage social."

Son programme, qui varie peu depuis des années, repose sur une séparation entre les banques d'affaires et celles de dépôt et de crédit. Il se prononce également pour un "crédit productif public" de financement de grands travaux.

Accusé de dérives sectaires et de tentatives d'embrigadement de jeunes étudiants, il répond qu'il n'a rien à cacher.

"Nos bureaux sont ouverts", a-t-il dit ce mois-ci à Reuters. "Ces accusations sont dénuées de fondement. Si on prétend qu'on trouble les jeunes et qu'on les forme, Nicolas Sarkozy est entré à 15 ans à l'UMP et les jeunes communistes étaient jeunes communistes à 9, 10 ans".

Jacques Cheminade affirme avoir besoin "de 300 à 350.000 euros" pour financer sa campagne et compte sur les dons de particuliers pour les réunir.

Le candidat, dont les biens ont été saisis par la justice après le rejet de ses comptes de campagne, mène toujours un combat pour les récupérer. "En attendant, je vis de ma retraite, qui est faible", dit-il.

Patrick Vignal, édité par Benjamin Massot

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