Jacques Audiard et les acteurs français sacrés à Cannes

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(Actualisé avec réactions) par Michael Roddy CANNES, 25 mai (Reuters) - La Palme d'or pour "Dheepan" Jacques Audiard, le prix d'interprétation masculine pour Vincent Lindon et le prix d'interprétation féminine, partagé, pour Emmanuelle Bercot: le cinéma français a triomphé dimanche soir lors de la cérémonie de clôture du 68e festival de Cannes. C'est la troisième Palme d'or en sept ans pour un film français après "La vie d'Adèle, chapitre 1 & 2" d'Abdellatif Kechiche (2013) et "Entre les murs", de Laurent Cantet (2008). (voir ID:L5N0YF0U6 ) "Recevoir un prix de la part des frères Coen, c'est une chose assez exceptionnelle (...). Je vous dois beaucoup de choses", a dit Jacques Audiard aux deux présidents du jury, les réalisateurs américains Joel et Ethan Coen, Palme d'or en 1991 pour "Barton Fink". "Je pense à mon père", a ajouté le réalisateur, fils du dialoguiste et scénariste Michel Audiard. Son film "Dheepan" raconte la nouvelle vie que tentent de construire des réfugiés tamouls ayant fui le Sri Lanka dans une cité française sensible. Jacques Audiard avait déjà reçu à Cannes le prix du scénario pour "Un héros très discret" en 1996 et le Grand prix en 2009 pour "Un prophète". Pour certains critiques, il ne s'agit pas de son meilleur film mais, faisait observer Scott Roxborough, critique du Hollywood Reporter, le cinéaste français tournait depuis longtemps autour de la palme. "Je ne pense pas que soit son meilleur film, mais c'est un sujet brûlant. Cette palme distingue l'oeuvre du réalisateur et envoie en même temps un message politique", a-t-il dit. Plus brutal, Jay Weissberg, de Variety, évoquait un palmarès "extrêmement décevant". "Personne ne semble content, c'est la clôture sans charge dramatique d'un festival mitigé depuis le début", a-t-il ajouté. "AU-DELÀ DE TOUS MES RÊVES" Devant la presse, les frères Coen ont défendu le choix de leur jury. "Nous avions tous de l'enthousiasme pour ce film, d'une manière ou d'une autre, nous avons tous pensé que c'était un très beau film", a dit Ethan. Emmanuelle Bercot est récompensée pour son rôle dans "Mon roi", de la réalisatrice française Maïwenn. Elle partage son prix avec l'actrice américaine Rooney Mara ("Carol", de Todd Haynes). "Ce soir, ma vie va au-delà de tous mes rêves", a déclaré Emmanuelle Bercot, prix d'interprétation féminine pour le rôle de Tony, qui examine depuis un centre de rééducation son histoire d'amour destructrice avec Georgio, joué par Vincent Cassel. Vincent Lindon est récompensé pour son rôle de chômeur retrouvant un emploi de vigile dans "La loi du marché", du Français Stéphane Brizé. "C'est la première fois que je reçois un prix dans ma vie", a-t-il déclaré. "Ce prix, je le dédie à tous ces gens qui ne sont pas toujours considérés à la hauteur de ce qu'ils méritent et qui sont les citoyens qui sont un peu laissés pour compte", a-t-il ajouté. Le Grand prix est revenu à "Saul Fia" ("Le Fils De Saul"), réalisé par le Hongrois László Nemes, dont l'histoire se déroule en 1944 au camp d'Auschwitz-Birkenau. Le prix de la mise en scène a été attribué au Taiwanais Hou Hsiao-Hsien pour "Nie Yinniang" ("The Assassin"). "The Lobster", un film d'anticipation réalisé par le Grec Yorgos Lanthimos, a obtenu le prix du jury. Le prix du scénario a été remis au réalisateur mexicain Michel Franco pour "Chronic", dans lequel Tim Roth interprète un aide soignant accompagnant des patients en fin de vie. "LE CINÉMA FRANÇAIS RAYONNE" "Ces récompenses démontrent toute la diversité, l'ouverture et la créativité du cinéma français et l'efficacité et l'originalité de son mode de financement que je veux absolument préserver et défendre au niveau européen", a commenté François Hollande dans un communiqué. Le Premier ministre, Manuel Valls, s'est lui aussi réjoui du sacre de ses compatriotes. "Jacques Audiard, Emmanuelle Bercot, Vincent Lindon et Agnès Varda: le cinéma français rayonne ce soir à Cannes et dans le monde", a-t-il déclaré sur Twitter. La réalisatrice française Agnès Varda s'est vue remettre une Palme d'honneur. Dix-neuf films étaient en compétition officielle cette année. Outre cinq films français, trois longs métrages italiens étaient en lice. Tous sont repartis bredouille, dont le "Mia Madre" (Ma mère) de Nanni Moretti, qui figurait pourtant parmi les favoris dans les pronostics des festivaliers. L'actrice américaine Cate Blanchett, qui a impressionné la critique, n'a pas séduit les jurés, qui lui ont préféré Rooney Mara, sa partenaire dans le "Carol" de Todd Haynes, et Emmanuelle Bercot. LE PALMARÈS - Palme d'or: "Dheepan", réalisé par Jacques Audiard - Grand prix: "Saul Fia" ("Le fils de Saul"), réalisé par László Nemes - Prix de la mise en scène: Hou Hsiao-Hsien pour "Nie Yinniang" ("The Assassin") - Prix du jury: "The Lobster", réalisé par Yorgos Lanthimos - Prix du scénario: Michel Franco pour "Chronic" - Prix d'interprétation féminine: Emmanuelle Bercot, dans "Mon roi", et Rooney Mara, dans "Carol". - Prix d'interprétation masculine: Vincent Lindon, dans "La loi du marché" - Palme d'or du court métrage: "Waves '98" d'Ely Dagher (avec l'équipe de Reuters à Cannes et Jean-Baptiste Vey à Paris; édité par Tangi Salaün et Henri-Pierre André)

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