J.Vicaut : " C'était vraiment un kif "

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J.Vicaut : " C'était vraiment un kif "
J.Vicaut : " C'était vraiment un kif "

Ce fut LA surprise du meeting Areva samedi dernier au Stade de France : Jimmy Vicaut a éclaboussé le 100 mètres en sortant une performance exceptionnelle. Malgré la victoire d'Asafa Powell, le Français a quand même réalisé un temps de 9''86 qui pulvérise le record de France (détenu alors par Christophe Lemaitre) et qui égale le record d'Europe de Francis Obikwelu datant de 2004. Pourtant pour Jimmy Vicaut le plus important reste à venir avec les Championnats de France et surtout les Mondiaux à Pékin en août.

Jimmy Vicaut, avez-vous digéré votre course record ?
Pas encore, je ressens plus de la fatigue qu’autre chose. Pour le moment, j’ai repris l’entrainement pour préparer les Championnats de France. Car je cherche vraiment à être champion de France ; mais je vise également les minima (pour les Mondiaux) sur 200m.

Qu’est-ce qu’on ressent après une telle course ?
Là, surtout, je ressens mes ischios (sourire) qui sont en feu. Je me dis ‘‘ qu’est ce qui passe ? D’habitude tout va bien et là… ’’ (rire) Non sérieusement, c’était vraiment un kif, courir au meeting du Stade de France devant son public... Et en plus sortir le record d’Europe, c’est le top de ce que je pouvais faire. Je pensais faire une bonne perf mais je ne pensais pas faire le record de France et encore moins d’Europe. Je me suis dit : ‘‘ Montre ce que tu fais à l’entrainement et après tu verras ’’. Je vois 9’’86, je me retourne vers mon coach et je lui dis ‘‘ T’es sûr ? T’es sûr ? ’’ (sourire). C’était tout simplement de la joie.

Avez-vous changé quelque chose dans votre entrainement pour faire cette performance ?
Non rien, on a fait comme d’habitude. Peut-être un peu plus de repos, histoire de souffler un peu.

Cette course et cette performance ne vous rajoute pas trop de pression avant les Championnats de France et les Mondiaux ?
Non, mon objectif c’est d’être champion de France. Mais ce que je recherche le plus c’est faire les minima sur 200m. Et ensuite je verrais pour courir à Monaco et Londres.

Est-ce que vous avez conscience d’avoir changé de dimension avec ce record ?
Je ne sais pas, je verrais à Monaco. Si je cours aussi bien que Gatlin, alors là oui j’aurais pris du grade.

Avoir Asafa Powell devant vous, est-ce que ça vous a aidé ?
Je ne sais pas … Après, je parlais de Gatlin, c’est sûr ça donne envie de courir avec ces gars-là. C’est grâce à eux que tu vas vite. Là, j’étais à côté de Powell, ça vous fait un truc. Je me suis dit : ‘‘ waouh, qu’est-ce qui fait là, d’habitude il est devant ’’ (rire). Donc là, être vraiment à côté de lui, c’est un truc de fou. De fou !

Vicaut veut surtout « rester en bonne santé »

Vous sortez 9’’86 en juillet, qu’est-ce que vous visez désormais ?
Je vise surtout à rester en bonne santé jusqu’aux Mondiaux à Pékin. Ensuite là-bas, ce sera passer tour après tour. Et qui sait... ?

Justement quelles sont vos ambitions pour Pékin ?
Pour le moment, je n’y pense pas encore. C’est encore trop loin. Je vais surtout me concentrer sur les Championnats de France, Monaco et Londres. Ensuite, après trois semaines d’entrainement on se tournera vers Pékin.

Comment vous sentez-vous physiquement ?
Depuis un certain temps je ne ressens plus aucune douleur à mes ischios, même à l’entrainement. Mais je continue de les travailler et de suivre l’évolution avec le staff médical. Je vais continuer ainsi sans me prendre la tête, sans faire plus et je verrai au fil de la saison

Vous signez la quatrième meilleure performance mondiale de l’année, qu’est-ce que ça représente pour vous ?
Rien pour le moment. Ça ne veut rien dire car à Pékin tout sera remis à zéro. Moi, je n’y pense pas. Mais j’apprécie vraiment quand même ; se dire qu’on est le quatrième meilleur performeur du monde, ça fait un truc de fou. Mais j’essaye de ne pas trop y penser, je ne pense pas au bilan. Tout peut se passer à Pekin et là je dois me concentrer pour les « France ».

Histoire de continuer à prouver ?
Bien sûr, afin d’arriver en forme à Pékin. C’est ça le plus important. J’ai fait 9’’86 mais j’espère faire mieux après. Ce sera compliqué mais on ne sait jamais.

Propos recueillis à l’INSEP par Martin Casamatta

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