J&J devra payer le prix fort pour convaincre Actelion-analystes

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    * La transaction pourrait atteindre $26 mds-analystes 
    * Discussions à un stade préliminaire avec J&J 
    * Sanofi pourrait faire une contre-offre 
 
    par John Miller 
    ZURICH, 28 novembre (Reuters) - La volonté du directeur 
général d'Actelion  ATLN.S , Jean-Paul Clozel, de préserver 
l'indépendance du groupe suisse de biotechnologies qui a été 
approché par Johnson & Johnson  JNJ.N  laisse penser que le 
géant américain de la santé devra payer une forte prime pour 
réussir son opération. 
    Les deux groupes ont confirmé vendredi être en discussions 
préliminaires à la suite d'informations de presse faisant 
mention d'une éventuelle OPA de l'américain sur le suisse. 
  
    Le spécialiste suisse des maladies pulmonaires est considéré 
comme une cible en raison de son portefeuille de médicaments aux 
marges élevées.  
    Les analystes estiment que J&J pourrait proposer jusqu'à 250 
francs suisses par action, ce qui valoriserait Actelion à 
environ 26 milliards de dollars (24,6 milliards d'euros), soit 
un surcoût de six milliards de dollars par rapport à sa valeur 
boursière. Cette prime ne prend pas en compte le bond de 17% de 
l'action vendredi.  
    Le titre Actelion prend encore 4,82% à 193,40 francs suisses 
à la Bourse de Zurich lundi vers 15h20 GMT, de loin la meilleure 
performance de l'indice SMI  .SSMI  qui abandonne 0,30% à ce 
stade.  
    Après avoir repoussé des approches supposées de Shire 
 SHP.L  en 2015 et du fonds spéculatif américain Elliott 
Advisors en 2011, le directeur général d'Actelion, Jean-Paul 
Clozel, a affirmé à maintes reprises son désir de rester 
indépendant. Pour ce cardiologue français, les trois principaux 
médicaments du groupe contre l'hypertension artérielle 
pulmonaire (PAH) et le portefeuille de traitements en cours de 
développement sont suffisants pour assurer l'avenir de la 
société.  
    Ce discours de fermeté ajouté au montant élevé des dernières 
transactions dans le secteur vont faire grimper le prix 
d'acquisition d'Actelion, estiment les analystes. 
    "Des accords similaires se sont conclus avec une prime de 
40% et nous voyons 240 francs suisses par action comme un 
montant minimum", calcule Peter Welford, analyste chez 
Jefferies. 
    Les analystes de Bryan Garnier évoquent de leur côté un 
montant pouvant atteindre 250 francs par action.  
    Dans les dernières transactions du secteur, Pfizer  PFE.N  a 
fini par débourser 14 milliards de dollars pour le spécialiste 
du traitement du cancer Medivation, le double du prix prévu 
 . Le suisse Roche  ROG.S  a payé en 2014 8,3 
milliards de dollars pour InterMune, soit une prime de 63%.  
    Jean-Paul Clozel et son épouse Martine Clozel, qui est 
pédiatre et responsable scientifique d'Actelion, détiennent 5% 
de la biotechnologique suisse créée en 1997.  
    Selon Peter Welford, leur relation étroite avec la base 
d'actionnaires suisses d'Actelion donne à penser que le couple 
pourra mobiliser rapidement des soutiens dans l'éventualité 
d'une offre qui serait jugée insuffisante. 
    Si Johnson & Johnson échoue à conclure une offre, un 
concurrent tel que Sanofi  SASY.PA  pourrait entrer en scène, 
ajoutent les analystes.  
    Le portefeuille de PAH d'Actelion est potentiellement 
complémentaire avec les activités sur les maladies rares de la 
filiale américaine Genzyme du laboratoire français, font-ils 
valoir. 
    Sanofi, qui a perdu la bataille du rachat de Medivation, est 
à la recherche d'autres cibles, expliquent-ils. 
    Un porte-parole du groupe français a refusé de commenter un 
éventuel intérêt pour Actelion.  
     
    NOUVEAUX TRAITEMENTS 
    Le Tracleer, "blockbuster" historique d'Actelion contre 
l'hypertension artérielle pulmonaire, a vu son brevet tomber 
dans le domaine public l'an dernier mais deux nouveaux 
médicaments du groupe contre la PAH, l'Opsumit et l'Uptravi, 
devraient prendre le relais. 
    Les ventes annuelles de l'Opsumit devraient atteindre 1,9 
milliard de francs suisses d'ici 2020, selon des estimations 
recueillies par Reuters. L'Uptravi pourrait de son côté générer 
un chiffre d'affaires de plus de 2,5 milliards de francs. 
    Jean-Paul Clozel prévoit d'utiliser cet argent pour financer 
son portefeuille de traitements en phase finale, qui comprend 
notamment des médicaments pour traiter les diarrhées provoquées 
la bactérie clostridium difficile, ainsi que le ponesimod contre 
la sclérose en plaques.   
    Depuis 2012 et l'approche d'Elliott Management, qui évoquait 
alors un objectif de 70 francs pour le titre, le cours de Bourse 
d'Actelion a été multiplié par six pour atteindre près de 190 
francs. 
    Certains analystes pensent toutefois qu'il est possible que 
Jean-Paul Clozel se montre plus réceptif, l'âge de la retraite 
approchant, à l'idée de laisser les rênes de la société à un 
autre. Pour ces analystes, la clé serait de conserver la 
présence du groupe à Bâle, bien que la biotechnologique y joue 
les seconds rôles comparé aux géants que sont Roche et Novartis. 
    "Les actions Actelion ont augmenté de 400% grâce à la force 
de son seul portefeuille de PAH," souligne Michael Nawrath, 
analyste à la Banque cantonale de Zurich. 
    "Bien que Clozel ait toujours défendu l'indépendance, il est 
possible que le cours de Bourse à son zénith, associé à ses 61 
ans, puisse le faire changer d'avis.", dit-il 
 
 (Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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