« J'arrive à' heures, il y a 50 patients et je suis la seule infirmière de garde »

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A l'hôpital de Lens (Pas-de-Calais).
A l'hôpital de Lens (Pas-de-Calais).

Noémie Laurens, 29  ans, raconte son quotidien, à Toulouse et à Antibes.

Je mets quelques instants à comprendre la situation. « Et elle vient à quelle heure, la deuxième infirmière ? », dis-je à celle qui me fait la relève. Elle éclate de rire. « Mais, il n’y en a pas, Noémie ! » Bon. Alors on y va.

Je commence mon premier tour de garde à’ h 30. Normalement, le second débute à minuit, mais à minuit, je viens à peine de terminer le premier. Pourquoi ? Parce que j’ai pris deux minutes avec chaque patient pour me présenter, leur expliquer comment m’appeler, leur dire jusqu’à quelle heure je suis là. C’est le minimum, mais c’est déjà trop long. Donc, je recommence à minuit, tout le monde transpire parce qu’on est en plein été et que la clim est en panne.

Ce soir-là, je suis en soins de suite et de réadaptation (SSR) dans une clinique toulousaine. Quand j’étais élève infirmière – c’est-à-dire il y a environ mille ans, à voir comme les choses ont changé depuis –, les SSR, c’était une sorte de maison de convalescence. Mais tout est tellement bouché désormais que c’est devenu la cour des miracles : on y envoie tous les patients en fin de chaîne, ceux dont on ne sait pas quoi faire, dont certains qui devraient être en soins palliatifs.

Toutes les heures, je vérifie que mes patients ne sont pas morts Justement, j’en ai trois ce jour-là, des patients en soins palliatifs, et comme je suis toute seule à l’étage, je passe toutes les heures pour vérifier qu’ils ne sont pas morts. Il y a une petite mamie qui ne ­respire pas bien ; elle fait un œdème. J’app...

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