« J'ai l'impression de m'être fait manipuler »

le , mis à jour à 06:04
0
« J'ai l'impression de m'être fait manipuler »
« J'ai l'impression de m'être fait manipuler »

Certains ont investi de grosses sommes ; d'autres le minimum légal, 30 €. Tous ces actionnaires salariés, qui ont décidé de porter plainte depuis fin 2015, sont unis par un même sentiment : celui de s'être fait flouer.

 

Ancien responsable qualité aujourd'hui en préretraite, Denis Forat, 57 ans, se souvient : « Au début, je n'étais pas intéressé ; mais après une réunion organisée début 2013 par mon directeur de production, je me suis dit que c'était bien d'accompagner cette société dans laquelle je travaillais depuis trente ans ! » Il mise un peu plus de 1 000 €, soit un tiers environ de son salaire mensuel. « Pour moi, il n'y avait aucun doute : après des années noires, on allait enfin vendre des EPR. » Lorsque l'action Areva est suspendue puis qu'un trou de 5 Mds€ est annoncé, en mars 2015, il tombe des nues : « Cinq milliards de pertes, ça n'apparaît pas en un temps aussi court », tranche Denis Forat. « J'ai l'impression de m'être fait manipuler. »

 

Responsable achats sur le site d'Equeurdreville (Manche), Florence Guilbert a gardé la brochure qui vantait le plan d'actionnariat salarié. Elle le déroule. « Des fondamentaux solides [...] Avec un cash-flow (NDLR : flux de trésorerie) opérationnel [...] supérieur à 1 Md€ par an à partir de 2015, Areva va redevenir maître de son destin. » Difficile de ne pas y croire. « La part de risque était évoquée, précise Florence, mais la tonalité globale était tellement optimiste ! » Elle transfère les 4 091 € placés dans son plan d'intéressement — garanti sans risque — dans ce nouveau fonds maison.

 

« Pour une mère célibataire comme moi, qui élève quatre filles, dont trois parties étudier ailleurs, ce choix n'était pas neutre. » Aujourd'hui, Florence Guibert parle d'une « double peine » : « Non seulement on va y perdre de l'argent, mais en plus, derrière, on nous a annoncé un plan social ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant