" J'ai encore le niveau pour être championne du monde "

le
0
" J'ai encore le niveau pour être championne du monde "
" J'ai encore le niveau pour être championne du monde "

Lucie Decosse, quel est votre état de forme avant ces Championnats du monde ?J'espère reprendre un peu le judo cette semaine, je vais attendre d'être au Brésil pour y aller un peu plus fort car je ne sais pas encore comment je vais résister.Depuis quand avez-vous arrêté le judo ?J'ai arrêté il y a trois semaines à cause d'une douleur aux cervicales, longue à disparaître. Depuis quelques jours, je n'ai plus mal du tout mais je préfère y aller doucement car une douleur aux cervicales est difficile à évacuer. Ces Championnats du monde seront les derniers de votre carrière?Je suis contente parce que c'est ma décision. J'avais dit que je continuerai une année après les Jeux Olympiques, je suis ravie d'être arrivée au bout de mon plan. Je serai pleinement satisfaite avec une médaille, j'ai envie de bien finir et de ne pas m'arrêter après seulement un tour.

« Si je ne suis pas médaillée, ce sera dur? »

Si vous ratez l'or, qu'est-ce qu'il se passe ?J'ai eu une saison assez particulière, je n'avais jamais été blessée pendant une préparation auparavant. C'est psychologiquement compliqué pour moi et j'ai un peu paniqué. Sachant que ce sont mes derniers Championnats, je vais aller chercher tout au fond de moi pour m'en sortir et être sur le podium. Si je ne suis pas médaillée, ce sera dur.Les Jeux Olympiques ont-ils changé quelque chose dans votre décision ?Non, je ne me voyais pas arrêter juste après les JO. Mais, c'est vrai que sur la saison qui vient de se dérouler, je me suis posée la question. Finir sur une victoire, c'est plus beau pour tout le monde, pour le public, pour ton entourage, pour toi-même. J'ai pris un risque mais c'est le sport, j'ai envie de me prouver que je peux être encore forte une année après Londres, je vais au bout de mon défi. Seriez-vous déçue de ne pas avoir le titre mondial ?Même si la préparation a été spéciale, j'y vais pour le titre. J'ai encore le niveau pour être championne du monde. Entre Londres et Rio, il ne s'est pas passé dix ans, je n'ai pas perdu tout mon judo. Mais c'est vrai que les filles sont dans l'optique d'une nouvelle olympiade et qu'elles sont très motivées mais je pense avoir le niveau. J'y vais pour le titre et après on verra?

« J'ai gagné sur tous les continents, sauf en Amérique du Sud? »

Votre dernière compétition se déroulera au Brésil?C'est bien, je suis contente que ce soit au Brésil. C'est juste à côté de la Guyane où j'ai pas mal de famille. Pour moi, c'est symbolique. Ce serait bien de ramener un titre de Rio parce que je l'ai loupé en 2007. J'ai quasiment eu tous les titres sur tous les continents sauf en Amérique du Sud donc ce serait pas mal.Il y a aussi le challenge du quatrième titre mondial?Je n'y pense pas trop. Je sais que j'ai trois titres comme Brigitte Deydier (ndlr : championne du monde en 1982, 1984 et 1986). Si j'en gagne un quatrième (Lucie Decosse a été titrée en 2005, 2010 et 2011), je serai la Française la plus médaillée mais aujourd'hui je pense plus à être en forme le jour J.Connaître votre date de fin de carrière n'enlève rien à votre hargne ?Au contraire. Je suis encore plus motivée à l'idée de mes éventuels cinq derniers combats. J'ai l'impression que c'est ça qui va me donner la motivation pour me dire que le soir du 30 août, c'est fini. Ma vie changera complètement donc si je dois tout donner pour cette journée, il faut le faire. J'espère que j'y arriverai mais en tout cas, psychologiquement, j'ai envie de le faire.

« Le soir du 30 août, le judo c'est fini pour moi »

Avez-vous peur de l'après ?Pas du tout. Les gens ont passé l'année à me dire « tu ne te rends pas compte, c'est horrible la vie à côté, tu ferais mieux de rester dans le sport, vous avez une superbe vie ». J'ai fait treize années de haut niveau, c'était super. J'ai vécu beaucoup de choses mais on ne peut pas faire du haut niveau jusqu'à soixante ans. Je suis contente parce que c'est le moment où je veux arrêter. J'ai envie d'avoir une vie et d'être heureuse.C'était devenu trop usant physiquement ?Oui, même si j'arrive encore à tenir tous les combats. Cette saison a été très dure, je n'ai jamais eu autant de petites blessures. Je pense que c'est aussi parce que j'avais décidé d'arrêter que mon corps a plus facilement mal. Tout est lié. Avez-vous déjà pensé à ce que vous alliez faire après le 30 août ?Je ne pense qu'au repos, à me lever le matin et ne pas me projeter sur les différentes compétitions. Je vais me laisser porter par la vie. Propos recueillis par Jean-François Paturaud

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant