iTELE : grève sans précédent depuis 68, le gouvernement s'en mêle

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VIDÉO - Le gouvernement s'est invité dans le dossier de iTELE en recevant lundi midi les dirigeants de la chaîne privée pour tenter de résoudre ce conflit, sans précédent dans l'histoire de l'audiovisuel depuis Mai 1968.

Les salariés d'iTELE ont entamé ce lundi 14 novembre leur cinquième semaine de grève. ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )
Les salariés d'iTELE ont entamé ce lundi 14 novembre leur cinquième semaine de grève. ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )

Juste avant cette réunion entre les ministres de la Culture et du Travail et les responsables d'iTELE, les salariés de la chaîne d'information en continu du groupe Canal+ (Vivendi) avaient affiché leur "détermination" en reconduisant leur mouvement jusqu'à mardi midi pour un 30e jour. Débuté le 17 octobre, ce conflit dépasse donc en longueur celui qui avait paralysé Radio France en 2015. RFI avait connu en 2009 un mouvement plus long, qui avait perturbé son antenne pendant près de deux mois, mais sans entraîner de paralysie totale des programmes.

DÉTERMINÉS ET TRÈS UNIS

La prolongation de la grève a été approuvée par 84% de la rédaction d'iTELE (87 pour, 11 abstentions, 5 contre), selon les grévistes. "Nous entrons dans notre cinquième semaine de grève, très déterminés et très unis", ont-ils écrit sur leur compte Twitter (@greve_i). Ils réclament des garanties éditoriales sur leur indépendance, notamment une charte éthique, et la nomination d'un directeur de la rédaction indépendant du directeur général. C'est actuellement Serge Nedjar qui assume cette double casquette, un homme décrit comme "brutal", qui cristallise désormais les tensions au sein de la rédaction.

Les grévistes réclament aussi la définition d'un projet stratégique et éditorial "clair et précis" pour la chaîne d'information en continu, en grave difficulté économique et en perte d'audience. La mise à l'écart de Jean-Marc Morandini, animateur controversé mis en examen dans une affaire de corruption de mineurs, dont l'arrivée avait mis le feu aux poudres, est désormais passée au second plan des revendications.

"DÉBLOQUER LA CRISE"

La ministre du Travail Myriam El Khomri et la ministre de la Culture Audrey Azoulay rencontraient ce lundi au ministère du Travail Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes de Canal+, Stéphane Roussel, directeur général chargé des opérations de Vivendi, groupe présidé par Vincent Bolloré, et Jean-Christophe Thiery, président du directoire du groupe Canal+, pour tenter de lancer une médiation.

"Nous espérons que ce rendez-vous va permettre de débloquer cette crise", a indiqué sur France Inter Antoine Genton, le président de la SDJ (société des journalistes) d'iTELE. "Nous avons discuté avec la direction depuis quatre semaines, des discussions qui sont longues, lentes. Nous espérons que ce rendez-vous pourra accélérer les choses", a-t-il poursuivi. "Depuis le début du conflit, on a l'impression que ces contacts ne sont pas assez fréquents pour espérer une sortie rapide de la crise", a-t-il regretté.

Mmes Azoulay et El Khomri avaient déjà reçu la semaine dernière des représentants du personnel. La ministre de la Culture avait appelé la direction à tenir ses "engagements" d'indépendance de la rédaction, tandis que la ministre du Travail avait souhaité pouvoir trouver "très vite" une issue au conflit.

La direction assure depuis plusieurs jours qu'une sortie de crise est proche, après avoir fait plusieurs propositions aux grévistes. Elle propose notamment de meilleures conditions de départ pour ceux qui voudraient quitter la chaîne et la nomination d'adjoints auprès de Serge Nedjar. Des propositions jugées insuffisantes jusqu'ici par les salariés de la chaîne.

Depuis le début de cette longue grève, une dizaine de journalistes ont quitté la chaîne (environ 10% de l'effectif). De son côté, le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Olivier Schrameck, a rappelé sur RTL dimanche que le régulateur pourrait prendre des sanctions "très vite" ("une question de semaines") si les mises en demeures adressées à iTELE n'étaient pas respectées. Ces mises en demeure concernaient la mise en place d'un comité éthique et l'émission de M. Morandini. "M. Vincent Bolloré m'a fait savoir à plusieurs reprises qu'il souhaitait me voir très peu de temps après la Toussaint. J'attends encore..." a regretté M. Schrameck.

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  • rraclot il y a 3 semaines

    Les journalistes du système veulent prendre le pouvoir, pour continuer à diriger le peuple et empêcher qu'il s'exprime..! Est-ce une bonne chose ? Les journalistes ne devraient que faire de l'information et non pas la créer !