Italie-Un ministre n'exclut pas un ajustement budgétaire à la marge

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par Roberto Landucci ROME, 13 octobre (Reuters) - Rome pourrait ajuster à la marge son projet de budget 2015 si l'Union européenne lui demandait de le corriger pour contenir son endettement, a déclaré lundi le secrétaire d'Etat italien au Budget. La Commission européenne pourrait retoquer le programme pluri-annuel de stabilité budgétaire de l'Italie en l'état actuel au motif qu'il prévoit de reporter d'un an le retour à l'équilibre budgétaire en termes structurels, soit jusqu'en 2017, ont dit des sources européennes à Reuters. Le secrétaire d'Etat italien au Budget Enrico Zanetti s'est refusé à confirmer ou à infirmer que l'Union européenne avait demandé à l'Italie de revoir sa copie mais il a dit à Reuters que "devoir discuter avec l'UE au plus de quelques points de pourcentage, n'était pas une chose si terrible." Il n'est pas acquis que cette position soit partagée par le président du Conseil italien, Matteo Renzi, qui fait front avec Paris en faveur d'un assouplissement des règles budgétaires européennes afin de promouvoir le soutien à la croissance. Le programme de stabilité présenté par le gouvernement italien le mois dernier reporte d'une année, en 2017, le retour à l'équilibre du solde structurel des finances publiques, soit le déficit ajusté des aléas conjoncturels. Il table sur une amélioration de 0,1% du PIB du déficit structurel contre 0,5 point de PIB réclamé par la Commission européenne. "S'il devait y avoir des demandes de l'Union européenne, nous les discuterions, mais dans tous les cas il s'agit de demandes qui ne devraient pas bouleverser le cadre général du budget", a dit Zanetti en marge d'une conférence à Rome. Le projet de budget italien doit être définitivement approuvé par le gouvernement mercredi et transmis dans la foulée à la Commission européenne pour respecter le délai fixé au 15 octobre. Renzi, qui veut que l'UE opte pour une interprétation plus souple des règles en vigueur afin de soutenir l'investissement public et la croissance, a prévu un budget expansionniste qui se traduira par 11 milliards d'endettement net supplémentaire l'année prochaine. Il a relevé le mois dernier l'objectif de déficit public rapporté au PIB de 1,8% à 2,9%, juste en-dessous du seuil de 3,0% imposé par les règles communautaires. Un responsable de la Banque d'Italie a déclaré lundi de son côté que l'Italie pourrait avoir raison de reporter d'un an son objectif budgétaire si les ressources ainsi dégagées étaient utilisées pour contribuer au soutien de la croissance. Dans une déclaration à la Commission parlementaire du Budget, le directeur général de la Banque d'Italie Luigi Signorini a estime que le report de l'échéance entraînerait une augmentation à court terme de la dette du pays, déjà énorme. "Cela se justifie si les marges de manoeuvres sont effectivement utilisées pour relancer la croissance et renforcer le potentiel de développement de l'économie à moyen et mong terme", a-t-il dit. (avec Guiseppe Fonte, Marc Joanny pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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