Italie-Renzi lie son avenir à la réforme constitutionnelle

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 (Précisions, citations) 
    par Gavin Jones 
    ROME, 29 décembre (Reuters) - Le président du Conseil 
italien Matteo Renzi a estimé mardi que sa carrière politique 
aura "échoué" s'il ne parvient pas à faire adopter lors d'un 
référendum prévu en 2016 la réforme constitutionnelle qu'il 
défend depuis son entrée en fonction il y a près de deux ans. 
    "Il est clair que si je perds le référendum, je considérerai 
que mon expérience politique a échoué", a-t-il dit lors de sa 
conférence de presse de fin d'année, qui a duré plus de deux 
heures. 
    Le chef du gouvernement italien a fait de cette réforme l'un 
des principaux chevaux de bataille de sa politique, arguant de 
la nécessité d'améliorer le fonctionnement des institutions du 
pays. 
    La réforme prévoit de réduire de deux tiers le nombre des 
sénateurs et de mettre fin au bicamérisme intégral qui confère à 
la chambre haute du Parlement les mêmes pouvoirs que ceux de la 
chambre des députés et notamment celui de renverser le 
gouvernement. 
    Le texte, qui est actuellement en discussion au parlement, 
doit faire l'objet d'une approbation par référendum car il 
introduit une modification de la Loi fondamentale italienne.  
    Ce référendum devrait avoir lieu en octobre, a précisé 
Matteo Renzi. 
    Le chef du gouvernement a par ailleurs fait adopter cette 
année par le Parlement une réforme électorale qui introduit un 
système à deux tours pour les élections législatives afin 
d'assurer l'émergence de majorités claires et éviter les 
impasses politiques comme celle de 2013. 
    Pour ses adversaires, cette nouvelle loi électorale, qui 
n'entrera en vigueur qu'en juillet 2016, accorde trop de 
pouvoirs au parti qui arrive en tête du scrutin. 
     
    CRITIQUES DE LA COMMISSION EUROPÉENNE 
    La campagne du référendum de l'an prochain sur le Sénat 
s'annonce agitée, les principaux partis d'opposition s'étant 
prononcés contre la réforme. 
    Le Parti démocrate de Renzi a perdu des points dans 
l'opinion ces derniers mois, alors que des élections municipales 
sont prévues au printemps prochain dans les grandes villes du 
pays. 
    "Il s'agira d'élire des maires, pas de changer de Premier 
ministre", a d'ores et déjà tenu à souligner Matteo Renzi. 
    Si des élections étaient organisées aujourd'hui selon le 
nouveau système, le parti anti-austérité Mouvement 5 Etoiles 
(M5S) pourrait très bien l'emporter d'après les enquêtes 
d'opinion. 
    Mais pour un dirigeant politique, a affirmé Renzi, il ne 
s'agit pas de croire ou de ne pas croire les sondages, il s'agit 
de faire en sorte de les faire mentir s'ils sont mauvais. 
    Lors de sa conférence de presse, le chef du gouvernement a 
réitéré se critiques contre la Commission européenne, expliquant 
qu'il ne s'attaquait pas à l'Europe mais réclamait seulement que 
son pays soit équitablement traité. 
    Dans une interview accordée jeudi dernier à Reuters, Sandro 
Gozi, secrétaire d'Etat italien chargé des Affaires européennes, 
a déclaré que l'Italie se sentait insuffisamment respectée par 
la Commission européenne et par ses partenaires de l'UE. 
  
    Si Bruxelles continue de rendre des arbitrages contraires 
aux intérêts de l'Italie, a prévenu Matteo Renzi mardi, Rome 
examinera la possibilité de saisir la Cour de justice de l'Union 
européenne, dont le siège est à Luxembourg. 
 
 (Avec Paolo Biondi et Philipp Pullella; Pierre Sérisier et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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