Italie-Renzi lance sa campagne pour le référendum d'octobre

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    par Crispian Balmer 
    ROME, 21 mai (Reuters) - Le président du Conseil italien, 
Matteo Renzi, a donné samedi le coup d'envoi de la campagne à 
cinq mois du référendum portant sur son projet de réforme 
constitutionnelle qui vise à réduire les pouvoirs du Sénat afin 
de limiter les blocages politiques en Italie. 
    Les derniers sondages ne sont guère optimistes et laissent 
entrevoir un rejet du texte en dépit de la menace du chef du 
gouvernement de démissionner en cas de défaite. 
    Une telle hypothèse risquerait de replonger l'Italie dans un 
climat d'incertitude politique et la mettrait à nouveau dans la 
ligne de mire des marchés financiers soucieux de voir la 
stabilité perdurer dans la troisième économie de la zone euro. 
    "Nous voulons qu'il soit clair que cette réforme ne concerne 
pas qu'une seule personne, c'est plutôt une réforme qui donnera 
à l'Italie de quoi avoir foi dans le futur", a déclaré Matteo 
Renzi devant des partisans réunis à Bergame, dans le nord de la 
péninsule. 
    "Voulez-vous que l'Italie reste comme elle est ou 
voulez-vous lui offrir un avenir ?", a-t-il demandé. 
    Le texte est l'une des principales promesses électorales de 
Matteo Renzi. Il propose de limiter les pouvoirs législatifs de 
la chambre haute et de lui retirer celui de renverser le 
gouvernement. 
     
    L'OPPOSITION UNIE CONTRE LE PROJET 
    Ce projet de réforme du Sénat est inextricablement lié à 
l'autre grande réforme politique de Renzi: la mise en place d'un 
mode d'élection à deux tours pour les députés de la chambre 
basse. Ces deux réformes visent, ensemble, à donner à l'Italie 
des gouvernements qui se maintiennent toute une législature, 
soit pendant cinq ans, ce qui n'est jamais arrivé depuis la 
Seconde Guerre mondiale. 
    Les détracteurs du projet de réforme constitutionnelle 
estiment que les changements vont faire disparaître des 
contrepoids mis en place après la guerre dans le but d'empêcher 
l'émergence d'un homme fort comme Benito Mussolini dans 
l'entre-deux guerres. 
    Tous les partis de l'opposition devraient rejoindre le camp 
du "non". "Cher Renzi, vous serez au chômage en octobre", a 
écrit sur sa page Facebook Renato Brunetta, chef de file du 
parti de droite Forza Italia. 
    L'Italie est l'un des pays les plus endettés d'Europe avec 
une dette qui représente 133% de son produit intérieur brut et 
un retour des turbulences politiques serait de nature à raviver 
les doutes entourant la zone euro. 
    "Le risque politique italien n'est pas encore sur le radar 
des marchés. Mais cela pourrait changer dans les mois à venir", 
souligne Deutsche Bank dans une note d'analystes adressée la 
semaine dernière à ses clients. "Le référendum d'octobre sur le 
sénat est crucial." 
    Les sondages d'opinion accordaient en avril une majorité au 
projet défendu par Matteo Renzi, mais une enquête réalisée en 
mai pour la RAI donne le camp du "non" vainqueur avec 54%. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français) 
 
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