Italie-Réforme du Sénat adoptée à la Chambre des députés

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    ROME, 12 avril (Reuters) - La chambre basse du Parlement 
italien a approuvé mardi le projet de réforme constitutionnelle 
visant à réduire les pouvoirs du Sénat, dans le but de limiter 
les crises politiques. 
    Les députés, qui se sont prononcés par 361 voix pour et sept 
contre, ont ainsi ouvert la voie à la tenue d'ici la fin de 
l'année d'un référendum, nécessaire pour que la réforme 
constitutionnelle puisse être définitivement entérinée. 
    Pour Matteo Renzi, cette réforme renforcera la stabilité 
politique de la Péninsule et mettra fin à la fragilité chronique 
des gouvernements, aspect qui rendait difficile tout 
redressement économique du pays. Il a promis de démissionner si 
l'issue du référendum, qui devrait avoir lieu en octobre, était 
contraire à ses attentes.   
    Le texte, présenté aux parlementaires il y a plus de deux 
ans, est en effet l'une des principales promesses électorales de 
Matteo Renzi. Il propose de limiter les pouvoirs législatifs de 
la chambre haute et de lui retirer celui de renverser le 
gouvernement. 
    "C'est un moment historique pour l'Italie", a triomphé mardi 
Matteo Renzi, en visite en Iran. "Je suis très heureux, car 
l'Italie était le pays le moins stable d'Europe. Aujourd'hui, 
c'est le pays le plus stable d'Europe". 
    Ce projet de réforme du Sénat est inextricablement lié à 
l'autre grande réforme politique de Matteo Renzi - la mise en 
place d'un mode d'élection à deux tours pour les députés de la 
chambre basse. Ces deux réformes visent, ensemble, à donner à 
l'Italie des gouvernements qui se maintiennent toute une 
législature, soit pendant cinq ans, ce qui n'est jamais arrivé 
depuis la Seconde Guerre mondiale. 
    Les détracteurs du projet de réforme constitutionnelle 
estiment que les changements vont faire disparaître des 
contrepoids mis en place après la guerre dans le but d'empêcher 
l'émergence d'un homme fort comme Benito Mussolini dans 
l'entre-deux guerres. 
    "En octobre, les Italiens repousseront par leur vote cette 
mauvaise réforme, qui consacrera de fait un régime présidentiel, 
en concentrant tous les pouvoirs entre les mains d'une seule 
personne", a déclaré Monica Gregori, député d'un parti de la 
gauche radicale. 
 
 (Steve Scherer, Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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