Italie-Matteo Renzi évoque 18 mds de baisses d'impôts en 2015

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(Actualisé avec des précisions) par Roberto Landucci et Francesco Guarascio ROME, 13 octobre (Reuters) - Le président du Conseil italien Matteo Renzi a déclaré lundi vouloir inscrire dans le budget 2015 des allègements d'impôts et de taxes d'un montant global de 18 milliards d'euros pour favoriser la croissance, alors même que la Commission européenne se demande si elle va rejeter ce budget parce qu'il ne réduit pas l'endettement assez vite. "C'est la plus forte réduction d'impôt jamais tentée", a déclaré le chef du gouvernement italien, lors d'une réunion de la Confindustria, la principale organisation patronale du pays. Sur ce total, environ 10 milliards d'euros proviendraient de la prolongation d'une mesure de réduction d'impôt bénéficiant aux bas revenus, mise en place cette année, et 6,5 milliards de la réduction de l'"impôt régional sur les activités productives" (IRAP), a précisé Renzi. Le gouvernement prévoit aussi un milliard d'euros d'incitations fiscales pour les entreprises qui embauchent de nouveaux salariés à plein temps et 500 millions d'allègements pour les familles, a ajouté Matteo Renzi. Le projet de budget 2015, qui prévoit également en parallèle 16 milliards d'euros de réductions des dépenses, doit être définitivement approuvé par le gouvernement mercredi et transmis dans la foulée à la Commission européenne pour respecter le délai fixé au 15 octobre. La dette de l'Italie, retombée en récession pour la troisième fois depuis 2008, est la deuxième plus élevée de la zone euro, mesurée en pourcentage du PIB, dépassant 130% du Produit intérieur brut. Des sources de l'Union européenne ont dit à Reuters que la Commission européenne rejetterait sans doute le Programme de stabilité italien en l'état parce que le gouvernement avait décidé de repousser à 2017 le rééquilibrage de son budget structurel. Renzi a relevé le mois dernier l'objectif du rapport du déficit budgétaire au PIB de 2015 à 2,9% contre 1,8%, soit à la limite de ce qui est théoriquement tolérable pour l'UE. Le programme n'envisage qu'une diminution minime du déficit structurel l'an prochain, de 0,1% du PIB, alors que la Commission européenne réclame 0,5%. Rome pourrait cependant ajuster à la marge son projet de budget 2015 si l'Union européenne lui demandait de le corriger pour contenir son endettement, a déclaré le secrétaire d'Etat italien au Budget Enrico Zanetti ce même lundi. Il s'est refusé à confirmer ou à infirmer que l'Union européenne avait demandé à l'Italie de revoir sa copie mais il a dit à Reuters que "devoir discuter avec l'UE au plus de quelques points de pourcentage n'est pas une chose si terrible." "S'il devait y avoir des demandes de l'Union européenne, nous les discuterions, mais dans tous les cas il s'agit de demandes qui ne devraient pas bouleverser le cadre général du budget", a dit Zanetti en marge d'une conférence à Rome. Un responsable de la Banque d'Italie a déclaré lundi de son côté que l'Italie pourrait avoir raison de reporter d'un an son objectif budgétaire si les ressources ainsi dégagées étaient utilisées pour contribuer au soutien de la croissance. Dans une déclaration à la Commission parlementaire du Budget, le directeur général de la Banque d'Italie Luigi Signorini a estimé que le report de l'échéance entraînerait une augmentation à court terme de la dette du pays, déjà énorme. "Cela se justifie si les marges de manoeuvres sont effectivement utilisées pour relancer la croissance et renforcer le potentiel de développement de l'économie à moyen et mong termes", a-t-il dit. (Marc Angrand, Marc Joanny et Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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