Italie-Matteo Renzi engage la réforme du marché du travail

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ROME, 17 septembre (Reuters) - Le président du Conseil italien Matteo Renzi a mis sur les rails mercredi son projet de réforme et de simplification du marché du travail, qui vise à inciter les employeurs à embaucher grâce à l'assouplissement de la législation. Ouvrant le processus parlementaire qui risque d'être long, le gouvernement a déposé au Sénat un amendement qui, s'il permet aux employeurs de licencier plus facilement des embauchés de fraîche date, renforce aussi la protection de l'emploi pour les salariés au fur et à mesure de leur ancienneté dans une entreprise. Cet amendement est un premier pas sur la voie d'une réforme qui pourrait tendre les relations entre le chef du gouvernement, l'aile gauche de son Parti démocrate et les syndicats. Un premier vote à la Chambre des députés devrait avoir lieu début octobre mais les mesures gouvernementales ne prendront pas effet avant le premier semestre 2015. Arrivé au pouvoir il y a six mois, Matteo Renzi s'est engagé à simplifier la législation qui reconnaît actuellement une quarantaine de types de contrats de travail. Il prône un système avec seulement un ou deux contrats de base. La réforme du marché du travail est un problème de longue date en Italie où le code du travail offre des garanties étendues aux salariés à plein temps et disposant de contrats à durée indéterminée alors que les plus précaires ont peu de protection. "L'idée, c'est d'avoir une seule forme de contrat, peut-être deux, et de lier le salaire à la productivité, tout en réformant la protection sociale", a dit le ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan, à la télévision. Mardi, dans un discours à la Chambre, Matteo Renzi a défendu son programme de réformes "en mille jours" et s'est dit prêt à agir par décret si le Parlement bloque ses projets. Le projet de budget, qui doit être dévoilé le mois prochain, comprendra des mesures destinées à simplifier et à renforcer les aides sociales pour les salariés qui ont perdu leur emploi. Le gouvernement prévoit parallèlement de réduire les cotisations sociales des employeurs. Matteo Renzi a été accusé de lenteurs dans la réalisation des réformes promises lors de son arrivée au pouvoir. Avec un chômage des jeunes revenu à des niveaux inédits depuis les années 1970, aux alentours de 43%, la création d'emplois est la priorité d'un gouvernement également confronté à un climat économique morose. Des statistiques publiées le mois dernier montrent que l'économie italienne a replongé au deuxième trimestre dans la récession, la troisième depuis 2008. Lundi, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a estimé que l'économie transalpine se contracterait cette année de 0,4%. (Francesca Piscioneri; Bertrand Boucey, Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français)

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