Italie-Matteo Renzi attaqué après la démission d'une ministre

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    ROME, 1er avril (Reuters) - Les principaux partis 
d'opposition italiens ont annoncé vendredi leur intention de 
déposer une motion de censure contre le gouvernement de Matteo 
Renzi au lendemain de la démission de sa ministre de 
l'Industrie, soupçonnée de conflit d'intérêts dans une affaire 
de trafic d'influence.  
    Même si le président du Conseil n'est pas menacé puisqu'il 
peut compter sur le soutien de la majorité du Parlement, 
l'affaire tombe mal à l'approche des élections municipales de 
juin.  
    Federica Guidi a démissionné jeudi soir après la publication 
par la police d'écoutes téléphoniques qui semblent attester 
qu'elle a assuré à son compagnon que le gouvernement adopterait 
une législation favorable aux investissements de celui-ci dans 
le secteur de l'énergie.   
    Dans une lettre à Matteo Renzi, la ministre a déclaré 
n'avoir commis aucun délit mais juge nécessaire de démissionner 
"pour des raisons politiques".  
    "Cette affaire met en cause l'ensemble du gouvernement", a 
jugé vendredi Luigi Di Maio, responsable du Mouvement 5-Etoiles, 
le deuxième parti du pays. "Il place toujours aux 
responsabilités des gens soumis aux lobbies et qui ne pensent 
qu'à eux-mêmes." 
    Plusieurs partis d'opposition ont réclamé le départ d'une 
autre ministre, Maria Elena Boschi, une proche de Renzi 
responsable des relations avec le Parlement, soupçonnée de 
connivence avec Federica Guidi.  
    Selon les écoutes, cette dernière a en effet déclaré à son 
compagnon que Maria Elena Boschi lui avait assuré que 
l'amendement qui concernait ses investissements serait bien 
adopté.  
    "L'information, ce n'est pas le fait que la ministre Guidi 
ait démissionné, c'est le fait que la ministre Boschi n'ait pas 
démissionné", a déclaré Renato Brunetta, chef de file des 
parlementaires du parti de droite Forza Italia.  
    Un autre ministre du gouvernement Renzi, Maurizio Lupi, 
titulaire du portefeuille des Infrastructures, a démissionné en 
mars de l'an dernier en raison de soupçons de conflits 
d'intérêts dans l'octroi de contrats publics.  
    Le chef du gouvernement ne s'est pour l'instant pas exprimé 
sur le cas de Guidi ni sur celui de Boschi.  
    Andrea Romano, membre du Parti démocrate (PD), dont il est 
issu, a estimé "cela n'a rien à voir avec la ministre Boschi".  
    Plusieurs journaux citent des propos de cette dernière selon 
lesquels elle ignorait jusqu'au fait que Federica Guidi avait un 
compagnon. 
 
 (Crispian Balmer; Marc Angrand pour le service français) 
 
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