Italie: les scénarios de l'après référendum

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Des affiches appelant à voter en faveur de la réforme constitutionnelle à Rome, le 1er décembre 2016 ( AFP / Alberto PIZZOLI )
Des affiches appelant à voter en faveur de la réforme constitutionnelle à Rome, le 1er décembre 2016 ( AFP / Alberto PIZZOLI )

Le référendum constitutionnel de dimanche en Italie débouche sur de multiples scénarios politiques. En voici les principaux:

- Si le oui l'emporte -

Le chef du gouvernement, Matteo Renzi (centre-gauche), qui a négocié cette réforme puis l'a portée face à toutes les autres formations politiques, en sort renforcé.

Même si les prochaines législatives sont prévues en 2018, M. Renzi pourrait réclamer un scrutin anticipé sur sa lancée. Mais il a promis de changer la loi électorale avant. Et c'est le président de la République, Sergio Matterella, qui peut seul décider de dissoudre le Parlement.

- Si le non l'emporte -

Une démission de M. Renzi semble inévitable. Mais ensuite, tout se complique:

* Renzi reste au pouvoir

M. Renzi remet sa démission à M. Mattarella, mais ce dernier lui demande aussitôt de former un autre gouvernement.

Il pourrait tout à fait obtenir la confiance du Parlement, soit avec sa majorité actuelle, soit avec une nouvelle majorité qui intégrerait le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi (centre-droit), comme ce dernier l'a évoqué ces derniers jours.

La loi électorale, qui offre actuellement une forte prime majoritaire, est modifiée au profit d'un scrutin plus proportionnel et des élections anticipées sont convoquées, au plus tôt au printemps.

Le principal obstacle à ce scénario reste M. Renzi lui-même: il a clairement indiqué son refus de prendre la tête d'un gouvernement qui n'aurait d'autre fonction que de changer la loi électorale. Mais il peut encore changer d'avis.

* Nomination d'un gouvernement technique

C'est le scénario le plus probable si l'on s'en tient aux déclarations de M. Renzi. M. Mattarella nomme un chef de gouvernement ayant au prélable reçu le soutien de la majorité actuelle ou d'une nouvelle majorité élargie.

Plusieurs noms circulent déjà: l'actuel ministre des Finances, Pier Carlo Padoan, le ministre du Développement économique, Carlo Calenda, ou le président du Sénat, Pietro Grasso.

Ce gouvernement pourrait être chargé de modifier la loi électorale en vue d'élections anticipées, ou alors se prolonger jusqu'à la fin de l'actuelle législature, en 2018, au grand dam de certaines forces politiques, dont le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, populiste).

* Dissolution immédiate du Parlement

C'est un scénario hautement improbable: la récente réforme électorale offre une forte prime majoritaire pour la Chambre des députés, tandis que l'échec de la réforme constitutionnelle du Sénat y maintiendrait le système proportionnel, rendant les deux chambres inconciliables.

Le M5S, donné gagnant dans les sondages en cas de scrutin majoritaire, souhaite aller aux urnes le plus vite possible. Mais toutes les autres forces politiques s'y refusent avant un retour à plus de proportionnelle à la chambre des députés.

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