Italie-Les 359 émigrants syriens de l'Ezadeen répartis dans des centres d'acceuil

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(Rpt titre) * L'Ezadeen avait à son bord des immigrants de Syrie * Le navire n'était autorisé qu'à transporter du bétail * Les immigrants ont été répartis dans des centres d'accueil * L'UE prépare un nouveau plan de lutte contre les passeurs par Alessandro De Luca CORIGLIANO CALABRO, Italie, 3 janvier (Reuters) - L'Ezadeen, un cargo abandonné par son équipage et transportant 359 immigrants syriens, a été remorqué dans la nuit de vendredi à samedi jusqu'au port de Corigliano Calabro, dans le sud de l'Italie, après avoir été secouru par la garde-côte italienne. Plusieurs membres de la garde-côte avaient été hélitreuillés à bord du cargo battant pavillon sierra-léonais durant la nuit de jeudi à vendredi. Ils ont pu superviser le remorquage du navire, que son équipage avait abandonné à 40 milles nautiques des côtes italiennes alors qu'il était à court de carburant. Soixante-deux mineurs sont au nombre des passagers, qui sont en relative bonne santé et ont été répartis vers des centres d'accueil à travers l'Italie, ont déclaré la garde-côte et la police de la Péninsule. Le bateau décrépit, qui n'était théoriquement autorisé qu'à transporter du bétail, était parti de Turquie et bat pavillon sierra-léonais. Mercredi, environ 800 émigrants, essentiellement des Syriens, avaient été secourus à bord d'un autre "bateau fantôme", le Blue Sky M, battant pavillon moldave, qui a été dirigé vers le port italien de Gallipoli. Ce navire aussi avait été abandonné en mer par les passeurs, comme l'Ezadeen. Quinze jours plus tôt, la marine italienne était déjà venue en aide à un cargo abandonné transportant 850 émigrants, qui ont pu débarquer dans un port de Sicile. La guerre civile qui fait rage en Syrie depuis mars 2011 a gonflé le nombre d'émigrants qui ont cherché l'an dernier à traverser la Méditerranée. La majeure partie tentent leur chance à bord de petits bateaux, mais ces derniers mois, les passeurs ont de plus en plus souvent recours à de vieux cargos pour transporter des groupes importants de clandestins, à partir de ports turcs ou égyptiens, selon les autorités italiennes et l'Onu. "Les passeurs trouvent de nouvelles voies vers l'Europe et emploient de nouvelles méthodes pour exploiter des personnes désespérées", a déclaré samedi le Grec Dimitris Avramopoulos, commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures. "Ces événements soulignent la nécessité d'une action européenne résolue et coordonnée", a-t-il ajouté. NOUVELLE TACTIQUE L'Union européenne, a-t-il dit, prépare un nouveau plan sur les migrations qui doit être présenté "en temps utile" et qui affichera comme priorité la lutte contre les passeurs. En Italie, Sergio Divina, personnalité de la Ligue du Nord (parti anti-immigration), a estimé que "L'Europe doit se réveiller et faire de la lutte contre le trafic de clandestins une priorité". D'après les Nations unies, plus de 160.000 migrants sont arrivés cette année par voie maritime en Italie et 40.000 autres en Grèce. Des milliers de clandestins ont trouvé la mort en tentant de traverser la Méditerranée: 3.200 au moins, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui souligne que cette région est la plus meurtrière pour les migrants. L'abandon par l'Italie de son opération de secours et de recherche Mare Nostrum, explique Carlotta Sami, porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a rendu bien plus périlleuse la traversée de la Méditerranée à bord de petites embarcations de fortune, d'où l'utilisation désormais de vieux cargos en fin d'exploitation commerciale. Les passeurs ont changé de tactique ces derniers temps, fait-elle remarquer. "Nous observons depuis deux mois une utilisation croissante de ces vieux cargos promis à être démantelés et qui n'ont généralement aucun équipement électronique à bord", dit-elle. A l'approche de leur destination, poursuit-elle, les passeurs activent le système de pilotage automatique du navire, dans les eaux internationales, puis prennent la fuite à bord d'un plus petit bateau. D'après l'amiral Giovanni Pettorino, commandant des opérations de la garde-côte italienne, cité par l'agence de presse Adnkronos, les réseaux de passeurs se procureraient ces vieux cargos pour 100.000 à 150.000 dollars. En faisant payer jusqu'à 6.000 dollars à chaque clandestin, les trafiquants gagneraient "jusqu'à 5 millions de dollars par voyage", ajoute-t-il. Les derniers cas en date illustrent le recours aux "pavillons de complaisance" pour le trafic de clandestins. Le directeur de l'administration maritime sierra-léonaise, Alhaji Wuror Jalloh, a déclaré à Reuters que son pays avait suspendu la licence de l'Ezadeen, qui avait été enregistré en 2010 "juste pour transporter du bétail et non des êtres humains". (Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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