Italie-Le président Napolitano annonce sa prochaine démission

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(Actualisé avec précisions, contexte) par James Mackenzie et Steve Scherer ROME, 31 décembre (Reuters) - Le président italien Giorgio Napolitano, qui est âgé de 89 ans, a annoncé mercredi son intention de quitter prochainement ses fonctions en raison de son âge, mettant le chef du gouvernement Matteo Renzi dans une situation politique délicate. Le président, qui laissait entendre ses intentions depuis plusieurs mois, a commencé son discours des voeux pour la nouvelle année en disant qu'il s'adressait également à son successeur, qui le remplacerait "bientôt". "Je suis sur le point de démissionner, démissionner comme la constitution le permet", a déclaré le chef de l'Etat, dont le discours était retransmis à la télévision. "J'ai atteint un âge qui apporte avec lui des limitations croissantes et des difficultés pour moi dans l'exercice de mes fonctions internationales, qui sont complexes et très exigeantes", a-t-il ajouté. Il n'a pas dit quand exactement il démissionnerait. Les observateurs estiment qu'il remettra sa démission en janvier quand l'Italie aura terminé ses six mois de présidence tournante de l'Union européenne. Matteo Renzi va devoir aider à la recherche d'un candidat acceptable. Le président du Conseil doit prouver sa capacité à faire adopter ses réformes économiques et les modifications qu'il veut faire apporter à la constitution et au système électoral. AVEC RÉTICENCE S'il n'y parvient pas, cela risque d'alimenter des spéculations sur des élections anticipées, ce qui ne fera qu'ajouter au climat d'incertitude qui entoure la zone euro. Le président de la République, élu par un millier d'électeurs, parlementaires et représentants des régions, dispose de certains pouvoirs outre celui de nommer le Premier ministre. Il a notamment un droit de veto sur certains textes législatifs. Giorgio Napolitano, respecté tant en Europe qu'aux Etats-Unis, a été élu à la présidence de la République pour la première fois en 2006. Il avait accepté avec réticence un second mandat l'an dernier, après des élections législatives qui n'avaient pas permis de dégager une majorité claire et menaçaient de laisser l'Italie à la dérive. Cet ancien communiste avait alors expliqué qu'il ne ferait pas la totalité de son mandat de sept ans. Parmi les noms qui ont circulé pour son successeur figurent ceux du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, du ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan ou de la ministre de la Défense Roberta Pinotti. L'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi a clairement fait savoir qu'un accord sur le nom du président serait nécessaire pour qu'il apporte son soutien aux réformes constitutionnelles. En 2013, la candidature de l'ancien président du Conseil Romano Prodi avait été refusée par une centaine d'électeurs, des élus mécontents de son propre parti. Cet échec avait conduit au renversement du leader de l'époque du Parti démocratique (PD), Pier Luigi Bersani, qui avait proposé le nom de Romano Prodi. Ce retournement avait permis à Matteo Renzi de prendre la tête du PD quelques mois plus tard. (Danielle Rouquié pour le service français)

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