Italie-Le gvt refuse de lier son sort au résultat du référendum

le
0
    ROME, 2 octobre (Reuters) - Le gouvernement italien ne 
démissionnera pas quel que soit le résultat du référendum prévu 
le 4 décembre proposant une réforme de la Constitution dont le 
président du Conseil Matteo Renzi a fait l'un de ses engagements 
politiques, a indiqué dimanche le ministre italien de 
l'Intérieur. 
    A plusieurs reprises, Renzi a lié son sort au résultat de 
cette consultation qui doit mettre fin au bicamérisme intégral 
et réduire les pouvoirs du Sénat afin d'améliorer la stabilité 
institutionnelle en Italie. 
    Au cours des dernières semaines, le chef du gouvernement a 
toutefois pris soin de nuancer sa position de départ, affirmant 
que cela occultait le débat sur le fond de la réforme. 
    Les récents sondages montrent que le camp du "non" est en 
tête, une perspective qui inquiète les capitales européennes  
redoutant un affaiblissement du pouvoir à Rome au moment où le 
bloc communautaire doit composer avec le Brexit. 
    Se voulant rassurant, le ministre de l'Intérieur Angelino 
Alfano, membre d'un petit parti de centre droit allié du Parti 
démocrate (PD) de Renzi, a affirmé que le gouvernement resterait 
en place quelle que soit l'issue du scrutin. 
    "Ceux qui sont d'accord avec le contenu de cette réforme 
mais qui vont voter 'non' seulement pour se débarrasser de Renzi 
doivent savoir que ce gouvernement ne démissionnera pas, ils ont 
donc tout intérêt à voter 'oui'", explique Alfano au quotidien 
Il Messagero. 
    Selon lui, le camp du "non" est une alliance de différents 
partis qui ne partagent aucune valeur commune. "De fait, ce 
gouvernement est le seul possible", a-t-il estimé. 
    Matteo Renzi a déjà indiqué qu'en cas de victoire du "non", 
le président italien ne convoquerait pas d'élections anticipées, 
laissant entendre qu'il poursuivrait son mandat jusqu'à son 
terme prévu en 2018. 
    Si le référendum se traduit par un rejet de la proposition 
gouvernementale, l'Italie risque de devoir réformer son code 
électoral car l'actuelle version de la loi a été rédigée en 
anticipant une victoire du "oui". 
    La réforme prévoit plusieurs dispositions réduisant le rôle 
et les pouvoirs du Sénat qui ne serait plus élu au suffrage 
universel direct comme la chambre des députés. 
    La haute assemblée n'aurait plus la possibilité de mettre le 
gouvernement en minorité, non plus que de bloquer l'adoption de 
projets de loi de manière indéfinie. 
    Matteo Renzi soutient que cette réforme du système 
parlementaire est indispensable pour améliorer la stabilité 
institutionnelle en Italie qui a connu 63 gouvernements en près 
de 70 ans. 
    Pour ses adversaires, la réforme a été mal rédigée et elle 
risque de priver le pays de contre-pouvoirs et de garde-fous 
démocratiques instaurés après la fin de la Seconde guerre 
mondiale afin d'empêcher le retour d'un régime autoritaire. 
     
 
 (Crispian Balmer; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant