Italie: le chef de la gauche chargé de former un gouvernement

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Le chef de la gauche italienne, Pier Luigi Bersani, a reçu vendredi la difficile mission de former un nouveau gouvernement, en dépit de l'absence d'une majorité claire au Sénat alors que la troisième économie de la zone euro affronte la récession.

"J'ai donné à M. Bersani la tâche de vérifier l'existence d'un soutien parlementaire sûr à un gouvernement", a déclaré le président de la République Giorgio Napolitano à l'issue de 48 heures de consultations avec les principaux dirigeants politiques du pays.

M. Napolitano a insisté sur la volonté des Italiens de "changement décisif", ajoutant: "On ne peut pas ignorer la force du malaise social ni l'insatisfaction vis-à-vis du système des partis", a-t-il dit, faisant nommément allusion au score important réalisé par le Mouvement 5 étoiles (M5S) de l'ex-comique Beppe Grillo, qui a cristallisé le vote contestataire.

Pour sa part, M. Bersani, qui va entamer dès à présent ses consultations avec les forces politiques italiennes et doit en rendre compte "le plus tôt possible" au chef de l'État, a promis de mettre en oeuvre "le changement nécessaire attendu par les Italiens", ainsi qu'un "parcours de réformes constitutionnelles et électorales". A peine sorti de chez le président, il a rencontré les présidents de gauche du Sénat et de la Chambre, Pietro Grasso et Laura Boldrini.

La coalition de gauche, arrivée en tête aux élections législatives de fin février, dispose de la majorité absolue à la Chambre des députés mais n'a qu'une majorité relative au Sénat.

Or, pour pouvoir gouverner, le président du conseil doit avoir la confiance des deux chambres, qui ont le même poids dans le système politique italien.

Problème: M. Bersani a le plus grand mal à trouver des alliés au Sénat, bien qu'il s'échine en vain depuis des semaines à obtenir à la chambre haute le soutien du M5S, arrivé en troisième position derrière la droite menée par Silvio Berlusconi.

Son leader Beppe Grillo lui a claqué la porte au nez à plusieurs reprises, la dernière fois jeudi quand il a confirmé à M. Napolitano que le M5S ne voterait pas la confiance à un gouvernement Bersani.

L'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, dont la formation de droite est arrivée deuxième aux élections, propose quotidiennement "une grande coalition dans l'intérêt du pays" avec M. Bersani, mais ce dernier rejette avec la même régularité toute idée d'accord avec la droite.

M. Bersani va tenter de rassembler une majorité de parlementaires, y compris au Sénat, sur un programme en huit points qui contient de nombreuses revendications chères au M5S.

De son côté, la droite de M. Berlusconi ne croit pas à un gouvernement de gauche et se raccroche à l'espoir que M. Bersani sera au bout du compte contraint de se tourner vers elle pour parvenir à une majorité parlementaire et éviter un retour aux urnes.

"Nombre de ces huit points coïncident avec les mesures et projets de loi que nous voulons présenter", a estimé vendredi soir M. Berlusconi à la télévision. "Il faut un gouvernement stable et opérationnel pour affronter la situation économique", a-t-il ajouté.

"Quel que soit le gouvernement qu'il parvient à former, s'il y arrive, il aura une durée de vie très courte, sûrement une année, pour mettre en place les réformes les plus importantes, et ensuite il y aura sûrement de nouvelles élections, qui pourraient coïncider avec les élections européennes au printemps" 2014, a confié à l'AFP James Walston, professeur à l'université américaine de Rome.

Selon ce dernier, "les institutions européennes sont très inquiètes parce que s'il n'y a pas de gouvernement en Italie, toute les réformes que (le Premier ministre sortant Mario) Monti a menées vont être stoppées. Cela serait dangereux, et avec la crise chypriote cela pourrait même être catastrophique".

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