Italie: cinq choses à retenir sur le référendum constitutionnel

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Le chef du gouvernement, Matteo Renzi à Rome le 28 novembre 2016 ( AFP/Archives / Andreas SOLARO )
Le chef du gouvernement, Matteo Renzi à Rome le 28 novembre 2016 ( AFP/Archives / Andreas SOLARO )

Les Italiens se prononcent dimanche par référendum sur une réforme constitutionnelle négociée et portée par le chef du gouvernement, Matteo Renzi.

Voici cinq choses à retenir sur ce référendum:

- Sur quoi votent les Italiens

Ils se prononcent sur une réforme de la constitution qui prévoit essentiellement de réduire les pouvoirs du Sénat, doté actuellement des mêmes pouvoirs que la Chambre des députés. Si le oui l'emporte, le Sénat ne votera plus la confiance au gouvernement et ne se prononcera que sur les lois constitutionnelles, la participation de l'Italie à l'UE ou la protection des minorités linguistiques. De 315 membres élus au scrutin universel, il passera à 100 membres nommés.

La réforme limite aussi les attributions des régions et supprime les 110 provinces, des entités territoriales intermédiaires entre les 20 régions et les 8.000 communes.

- Ils votent oui

Un passant près d'une affiche appelant à voter oui au référendum constitutionnel à Ro
Un passant près d'une affiche appelant à voter oui au référendum constitutionnel à Rome, le 1er décembre 2016 ( AFP/Archives / Alberto PIZZOLI )

M. Renzi, son Parti démocrate (PD, centre-gauche) et son allié du Nouveau centre-droit (NCD), soutenus par d'anciens chefs du gouvernement comme Romano Prodi et Enrico Letta, assurent que la réforme mettra fin à la valse des gouvernements --60 depuis l'instauration de la République en 1948-- et au ping-pong législatif entre les deux chambres.

Le patronat mais aussi des personnalités du sport ou du spectacle, ou encore des dirigeants étrangers comme Barack Obama et Angela Merkel, estiment, à des degrés divers, que la réforme modernisera l'Italie et représente un pas dans la bonne direction.

- Ils votent non

Un passant devant une affiche du mouvement d'extrême-droite CasaPound appelant à voter "Non" au r
Un passant devant une affiche du mouvement d'extrême-droite CasaPound appelant à voter "Non" au référendum constituionnel à Rome le 30 novembre 2016 ( AFP/Archives / FILIPPO MONTEFORTE )

Les opposants à la réforme vont de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, en passant par les populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord mais aussi par le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi (centre-droit, qui avait pourtant négocié la réforme avec M. Renzi) et des "frondeurs" du PD.

Tous dénoncent un risque de concentration des pouvoirs entre les mains du chef du gouvernement et une remise en question du délicat équilibre des pouvoirs mis en place en 1948 après le traumatisme du fascisme.

Leur principal dénominateur commun semble être la volonté d'obtenir la démission de Matteo Renzi.

- Des élections anticipées en cas de non ?

Ce n'est pas automatique, et en tout cas pas avant une réforme de la loi électorale en cours à la Chambre des députés. Parallèlement à la réforme constitutionnelle, le gouvernement Renzi a fait passer une réforme électorale, surnommée "l'Italicum", qui introduit une forte prime majoritaire pour la Chambre des députés et risque de rendre le pays ingouvernable si le Sénat reste puissant et élu à la proportionnelle. Toutes les formations politiques reconnaissent cette nécessité.

De plus, face aux critiques sur le risque de voir gouverner seul un parti --les populistes du Mouvement 5 étoiles selon les sondages actuels-- qui n'aurait obtenu que 25 ou 30% des voix au 1er tour, M. Renzi s'est engagé à modifier la réforme, avec un retour à plus de proportionnelle, même en cas de victoire du oui. Mais les détails restent encore flous.

- Les craintes économiques

Les partenaires européens et les marchés financiers considèrent qu'un oui renforcerait la stabilité de la troisième économie de la zone euro.

En cas de victoire du non, certains analystes évoquent un engrenage qui pourrait aboutir à une sortie de l'Italie de la zone euro, en partie à cause de la mauvaise santé des banques. D'autres, plus modérés, n'écartent pas quelques remous mais seulement à court terme.

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  • nayara10 il y a 4 jours

    Je pense que nos " élus" de Brussell doivent commencer à ce poser des questions sur les Européens ????...

  • chomar il y a 4 jours

    Liorant 21 Remarque très très pertinante

  • chomar il y a 4 jours

    Liorant 21

  • M7166371 il y a 4 jours

    tout le monde dit que le non va l'emporter , donc logiquement , le oui devrait gagner

  • freudmar il y a 4 jours

    Si le NON l'emporte en Italie, c'est que les soi-disant "élites" sont définitivement disqualifiées !! Les Fillon, Valls, Montebourg, Bayrou et consorts risquent de subir le même sort.... RDV lundi matin ! Bon Week End

  • alchris il y a 4 jours

    Voter "oui" aboutit à continuer le processus d'integration à l'europe et de désintegration de la nation. On enleve le pouvoir de la nation pour le transferer à Bruxelles. C'est extremement dangereux de permettre à Bruxelles de tout diriger encore plus..

  • lorant21 il y a 4 jours

    A priori, la réponse oui semble évidente. Donc ce sera non.

  • jmlhomme il y a 4 jours

    Il y a en fait partout une crise de la Democratie, qui pour la majorité de 60% de votants c'est a dire 30% plus une vois de l'electorat considere normal d'imposer les décisions à en fait 70% de la population. Hors le peuple est une entité proche du tout ( 100%) ....Donc la démocratie est tout sauf la democratie.