"Italie/Allemagne 1970 est resté gravé dans ma mémoire"

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"Italie/Allemagne 1970 est resté gravé dans ma mémoire"
"Italie/Allemagne 1970 est resté gravé dans ma mémoire"

Il est difficile de se faire un prénom en Italie quand on s'appelle Einaudi, que votre père a fondé l'équivalent des éditions Gallimard de l'autre coté des Alpes, et que votre grand-père fut président de la République juste après la Seconde Guerre mondiale. Pour ce faire, Ludovico a choisi la musique. Une forme particulière, " minimaliste ", instrumentale, élégiaque et mélodique. Des morceaux qui hantent désormais les BO de film (de This is England à Mommy) et les publicités de toute sorte. Loin de ces considérations matérielles et futiles, l'homme a accepté de nous livrer ses impressions sur le football, la Serie A et Silvio Berlusconi, avec toutes les contradictions d'un Turinois qui a appris le piano à Milan...

Quitte à être caricatural, il reste difficile de vous imaginer fan de foot, surtout si l'on se réfère à votre univers musical, plutôt éloigné du petit monde du ballon rond ? Je peux le comprendre. Personnellement, pour être tout à fait honnête, je me suis vraiment mis au foot à cause de mon fils. Il était devenu un grand supporter du Milan AC, et il ne parlait que de cela, de l'équipe, de ses matchs. C'était l'époque de Carlo Ancelotti, comme joueur, puis comme entraîneur, de joueurs tels que Paolo Maldini, et plus tard évidemment Andrea Pirlo. J'ai beaucoup aimé cette période du club, la fin des années 80 et le début des années 90, les titres de champions, en Coupe d'Europe... Plus encore, pour moi, j'y retrouvais quelque chose qui relevait de la sensation originelle du football. À ce moment, l'AC Milan était prédominant, le plus populaire en ville, je ne sais comment le résumer, mais cela se ressentait partout. Après, il ne faut rien cacher, j'étais beaucoup plus réticent sur Silvio Berlusconi, ce qu'il faisait, ce qu'il représentait chez nous en Italie. Son rôle dans le foot m'a toujours laissé très sceptique. Pas que dans le foot d'ailleurs...

Voilà un choix plutôt étonnant, vous êtes originaire de Turin, du Piémont, on vous imaginait derrière la Juventus, voire le Torino. C'est ainsi. Quand j'étais gamin, le foot me passionnait bizarrement moins qu'à l'âge adulte. Et je le répète, c'est mon fils qui m'a entraîné avec lui à suivre les péripéties de son équipe. Je suis aussi resté connecté un peu via mon entourage professionnel, les gens avec qui j'ai pu travailler, par exemple mon manager qui adore ce sport. Le petit môme que j'étais, à la fin des années 50, conserve avant tout le souvenir de la division des deux Turin, à quel point tu devais choisir ton camp, la Vieille Dame ou le Toro. C'était omniprésent. Peut-être que je ne voulais pas m'en mêler tout simplement...

Et aujourd'hui, malgré les difficultés et la mauvaise passe, vous suivez toujours les Rossoneri ? Franchement non. Désormais, je ne m'y retrouve plus dans ce club. J'ai également un peu perdu de mon intérêt pour la Serie A. Trop d'argent, beaucoup moins de jeu et de passion. Quelque chose s'est perdu en route. J'ai plutôt tendance à suivre des équipes comme le Chievo, des équipes modestes.…




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