Israël tue le chef militaire du Hamas à Gaza

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TSAHAL TUE LE CHEF MILITAIRE DU HAMAS À GAZA
TSAHAL TUE LE CHEF MILITAIRE DU HAMAS À GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Le chef militaire du Hamas a été tué mercredi par une frappe aérienne israélienne dans la bande de Gaza, une opération qui fait craindre une nouvelle guerre entre Israël et les islamistes qui contrôlent le territoire côtier palestinien.

Les brigades Ezzedine al Kassam, la branche armée du mouvement Hamas que commandait Ahmed al Djaabari, ont affirmé que la mort de leur chef avait "ouvert les portes de l'enfer".

Un responsable israélien a déclaré que l'attaque contre Ahmed Djaabari n'était qu'un début et que d'autres opérations allaient suivre à Gaza.

Pressentant des représailles des activistes palestiniens pendant plusieurs jours, l'armée israélienne a prévenu qu'elle se tenait prête à une intervention au sol dans le territoire côtier, dont elle s'est retirée en 2005.

Un missile a frappé le véhicule dans lequel se trouvait Ahmed Djaabari, qui a été tué avec un autre passager.

Le Shin Bet, les services de renseignement israéliens, a confirmé avoir mené cette attaque, précisant qu'Ahmed Djaabari avait été éliminé en raison de "ses dix années d'activités terroristes".

"Le but de cette opération était de frapper durement la chaîne de commandement et de contrôle de la direction du Hamas", a dit l'armée israélienne dans un communiqué.

APPEL AUX REPRÉSAILLES

Selon des journalistes de Reuters sur place, des avions israéliens ont mené plusieurs autres raids dans l'enclave palestinienne, visant notamment des postes de police du Hamas.

Porte-parole de l'armée israélienne, le général Yoav Mordechai a déclaré à l'antenne de la deuxième chaîne de télévision qu'Israël souhaitait à la fois répliquer aux tirs de roquettes palestiniennes des derniers jours mais aussi empêcher le Hamas et les autres mouvements palestiniens de reconstituer leurs arsenaux.

Les bombardements aériens de mercredi ont notamment visé des caches souterraines du Hamas abritant des roquettes de plus longue portée, a-t-il ajouté.

La radio du Hamas a aussitôt lancé des appels à la vengeance et des groupes activistes palestiniens ont promis de mener des représailles contre Israël.

"Israël a déclaré la guerre à Gaza et va devoir en subir les conséquences", a notamment déclaré le Djihad islamique.

L'armée israélienne a dit s'attendre à une telle réaction.

"De mon point de vue, les jours à venir dans le sud (du pays) seront longs", a dit Yoav Mordechai. "Il va falloir faire preuve de résistance à l'arrière."

Prié de dire si Israël pourrait envoyer des troupes au sol dans la bande de Gaza, il a répondu : "Des préparatifs sont en cours, et si c'est nécessaire, l'option d'une entrée par voie terrestre est à notre disposition."

Mardi, Israël et les Palestiniens de Gaza semblaient pourtant être parvenus à une trêve tacite après cinq jours de violences - tirs de dizaines de roquettes par les Palestiniens sur le sud d'Israël, raids et bombardements israéliens sur Gaza.

Vainqueur des élections législatives palestiniennes en 2006, le mouvement de la résistance islamique Hamas a chassé le Fatah du président Mahmoud Abbas de la bande de Gaza en juin 2007, entraînant une partition institutionnelle de fait avec la Cisjordanie.

Fin 2008 et début 2009, Tsahal avait pendant trois semaines mené une grande offensive, "Plomb durci", contre l'enclave côtière. Les affrontements avaient fait 1.400 morts du côté palestinien, 13 du côté israélien.

Avec Ori Lewis à Jérusalem, Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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