Israël refuse de participer à l'initiative de paix française

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 (Actualisé avec commentaire palestinien) 
    par Luke Baker 
    JERUSALEM, 7 novembre (Reuters) - Le gouvernement israélien 
a formellement décliné lundi l'invitation à la conférence que la 
France entend organiser avant la fin de l'année pour relancer le 
processus de paix au Proche-Orient, au point mort depuis avril 
2014.  
    Les Israéliens soulignent que leur but principal est d'avoir 
des négociations en direct avec les Palestiniens. 
    Les conseillers diplomatiques et à la sécurité du Premier 
ministre israélien, Benjamin Netanyahu, en ont informé 
l'émissaire français Pierre Vimont lors d'un entretien à 
Jérusalem. 
    "Ils ont dit de façon claire et sans équivoque à l'émissaire 
français qu'Israël privilégie le processus de paix et la 
conclusion d'un accord qui ne sont possibles que par un dialogue 
direct entre Israël et l'Autorité palestinienne", disent les 
services du chef du gouvernement dans un communiqué.  
    "Toute autre initiative, celle-ci comprise, ne fera 
qu'éloigner les perspectives de paix dans la région", 
poursuivent-ils, souhaitant que Paris renonce à "faire la 
promotion d'une conférence ou d'un processus contraire à la 
position officielle" de l'Etat hébreu.  
    Pierre Vimont, qui a par la suite rencontré des responsables 
palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, ne s'est pas exprimé 
mais le Quai d'Orsay a fait savoir que le principe d'une 
conférence avant la fin de l'année était maintenu.     
    Une conférence préparatoire a eu lieu en juin en présence 
des Nations unies, de l'Union européenne, des Etats-Unis et de 
plusieurs pays arabes. Ni les Israéliens ni les Palestiniens n'y 
ont participé.   
    La France a clairement dit qu'elle enverrait les invitations 
à la conférence en décembre, a déclaré Saëb Erekat, secrétaire 
général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), 
après sa rencontre avec Pierre Vimont. 
    Nabil Abou Roudainah, porte-parole du président de 
l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a déclaré que les 
Palestiniens étaient favorables à la tenue de la conférence, 
qu'"Israël y participe ou pas". 
    Israël, qui considère les Etats-Unis comme le principal 
interlocuteur au Proche-Orient, estime que seules des 
négociations directes avec les Palestiniens peuvent conduire à 
la paix et que l'initiative de la France créée la confusion. 
    Le gouvernement israélien ne veut pas non plus d'une 
conférence internationale qui donnerait une tribune à Mahmoud 
Abbas pour s'exprimer. 
    Les Palestiniens pour leur part ne veulent pas reprendre 
leurs discussions avec Israël tant que l'implantation de 
colonies juives de peuplement se poursuivra dans les territoires 
qu'ils revendiquent pour leur futur Etat. 
    De nombreux observateurs estiment que la perspective d'une 
solution à deux Etats est désormais hors de portée, Israël ne 
montrant aucun signe de vouloir mettre fin à 50 ans d'occupation 
de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est que les Palestiniens 
réclament pour capitale. 
    Israël a quitté la bande de Gaza mais celle-ci est gouvernée 
de fait par le Hamas, en désaccord avec le Fatah, principale 
composante de l'OLP, active en Cisjordanie. 
 
 (Avec Ori Lewis à Jérusalem, Ali Saouafta à Ramallah et John 
Irish à Paris; Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le 
service français) 
 
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