Israël promet la libération de prisonniers palestiniens

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ISRAËL ANNONCE LA LIBÉRATION DE PRISONNIERS PALESTINIENS
ISRAËL ANNONCE LA LIBÉRATION DE PRISONNIERS PALESTINIENS

par Maayan Lubell

JERUSALEM (Reuters) - Israël a donné samedi son accord à la libération de prisonniers palestiniens pour faciliter la reprise de pourparlers de paix, au lendemain de l'annonce par le secrétaire d'Etat américain John Kerry d'un accord sur les termes d'une relance du dialogue entre Israéliens et Palestiniens, à l'arrêt depuis 2010.

Interrogé sur les ondes de Radio Israël, le ministre des Affaires stratégiques Yuval Steinitz a promis des libérations de détenus "importants" tout en avertissant que l'Etat juif ne céderait pas sur d'autres conditions réclamées par la partie adverse pour relancer les discussions.

Les Palestiniens veulent qu'Israël gèle ses activités de colonisation dans les territoires occupés et reconnaissent les frontières antérieures à la guerre des Six-Jours en 1967 comme base de discussion pour un accord.

"Il y aura des libérations de prisonniers", a déclaré Yuval Steinitz sur l'antenne de Radio Israël. "Je ne veux pas donner de chiffres, mais des prisonniers importants, emprisonnés depuis des dizaines d'années, (seront relâchés)", a-t-il ajouté, précisant que ces libérations interviendraient par étapes.

Les Palestiniens revendiquent de longue date la libération des prisonniers incarcérés dans les geôles israéliennes avant les accords de paix intérimaires d'Oslo, signés en 1993.

"Dans toutes les réunions qui ont eu lieu entre Abou Mazen (Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne) et le ministre Kerry ou d'autres, les Palestiniens ont exigé que la libération des prisonniers soit une priorité", a dit Nabil Abou Rdaineh, porte-parole d'Abbas. "La libération des prisonniers est une priorité palestinienne qui doit précéder tout accord."

On compte une centaine de détenus incarcérés avant 1993 dans les prisons israéliennes, selon le Club des prisonniers palestiniens, une organisation palestinienne qui défend le droit des détenus et de leurs proches.

Yuval Steinitz a précisé que certains d'entre ceux qui seront libérés ont été condamnés pour des actes violents contre des Israéliens. "Ce ne sera pas simple, mais nous ferons ce geste", a-t-il dit.

"INDÉFENDABLE"

Pour les Palestiniens, les pourparlers doivent concerner la création d'un futur Etat palestinien sur la base des frontières existant avant la capture de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est de la bande de Gaza en 1967. Cette position est partagée par la Ligue arabe, bien que cette dernière ait aussi récemment accepté le principe d'échanges limités de territoires.

Yuval Steinitz a précisé cependant qu'Israël ne comptait pas faire de concession sur cette question des frontières, l'Etat juif estimant qu'un Etat basé sur les lignes de 1967 serait "indéfendable".

"Il n'y a aucune chance pour que nous donnions notre accord à des négociations qui commenceraient par la définition d'un tracé des frontières ou des concessions israéliennes, ou par un gel des constructions", a déclaré le ministre des Affaires stratégiques.

En annonçant qu'Israël et les Palestiniens avaient jeté les bases d'une reprise des négociations, John Kerry a souligné vendredi que l'accord était "toujours en cours de formalisation".

Il a ajouté que Tzipi Livni, ministre israélienne et la Justice et négociatrice en chef pour le dossier palestinien, et le négociateur palestinien Saëb Erekat pourraient se rendre à Washington "vers la semaine prochaine, à peu près, et une nouvelle annonce sera faite à tous à ce moment-là".

Maayan Lubell; Hélène Duvigneau et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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