Israël prépare une loi sur le financement étranger des ONG

le
0
    JERUSALEM, 27 décembre (Reuters) - Un projet de loi 
israélien imposant de nouvelles obligations aux ONG recevant des 
financements de l'étranger a été approuvé dimanche en conseil 
des ministres. Selon ces détracteurs, cette mesure vise les 
organisations pro-palestiniennes.  
    Baptisé "loi de transparence" par sa promotrice, la ministre 
de la Justice Ayelet Shaked, qui appartient à l'extrême droite, 
le projet obligerait les organisations non gouvernementales à 
détailler dans toutes leurs publications officielles et 
correspondances avec des élus israéliens les donations de 
l'étranger, si plus de la moitié de leur financement provient de 
gouvernements étrangers.  
    Pour les adversaires du projet de loi, la mesure est 
discriminatoire car ce sont principalement les groupes qui 
s'opposent à la politique du gouvernement envers les 
Palestiniens qui reçoivent de l'argent des gouvernements 
étrangers et de l'Union européenne.  
    Les fonds privés de l'étranger, et notamment l'argent donné 
aux groupes soutenant la colonisation juive des territoires 
palestiniens occupés, ne sont pas concernés par le projet, que 
l'on s'attend à avoir approuvé par la Knesset.  
    Plus de 30.000 ONG sont enregistrées en Israël, dont la 
moitié environ sont actives. Environ 70 groupes concentrent leur 
action sur les conséquences du conflit israélo-palestinien et 
reçoivent des fonds de l'Union européenne, ou de pays comme le 
Danemark, la Suède, la Belgique ou la Norvège.  
    Défendant son projet de loi, Ayelet Shaked s'est déclarée 
déterminée à réprimer ceux qui reçoivent de l'argent étranger et 
critiquent Israël, accusant certaines ONG d'"éroder le droit 
légitime d'Israël à exister en tant qu'Etat juif et 
démocratique".  
    Elle a ajouté que l'opinion publique israélienne avait le 
"droit de savoir quand les gouvernements étrangers sont 
impliqués dans les affaires intérieures d'un autre pays".  
    Pour les groupes de défense des droits de l'homme, le projet 
de loi est une dangereuse étape qui rapprochera Israël de pays 
comme la Russie, la Turquie et l'Egypte, qui peinent à accepter 
les critiques des autres pays et ont interdit certaines ONG.  
    Sur Twitter, le mouvement La Paix maintenant, qui s'oppose à 
la colonisation des territoires, a dénoncé un "crime de haine 
contre la démocratie".  
    "Si la ministre de la Justice s'intéresse vraiment à la 
transparence, elle devrait déjà défendre une loi obligeant les 
organisations d'extrême droite à exposer les millions qu'elles 
reçoivent des donateurs privés de l'étranger et du budget de 
l'Etat", a ajouté l'organisation.  
     
     
 
 (Jeffrey Heller; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant