Israël-Netanyahu fustige une journaliste de la télévision

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    JERUSALEM, 8 novembre (Reuters) - Le Premier ministre 
israélien Benjamin Netanyahu s'est lancé lundi dans une charge 
sans précédent contre la presse de son pays et en particulier 
contre une présentatrice travaillant pour la télévision qu'il a 
accusée de comploter pour renverser son gouvernement. 
    Benjamin Netanyahu a d'abord refusé d'être interrogé par la 
journaliste Ilana Dayan, de la chaîne Channel Two, dans le cadre 
d'une enquête sur le fonctionnement de son administration et sur 
le rôle joué par son épouse dans la nomination de certains 
responsables. 
    Les services du Premier ministre ont ensuite publié un 
communiqué qu'Ilana Dayan a lu pendant six minutes et en 
intégralité à l'antenne lors d'un plateau de situation devant 
les locaux du chef du gouvernement. 
    "Il est temps de faire tomber le masque d'Ilana Dayan qui a 
démontré une nouvelle fois qu'elle n'avait pas d'intégrité 
professionnelle", affirme le communiqué. 
    "Ilana Dayan est une des chefs de file d'une attaque 
orchestrée contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu visant 
à renverser le gouvernement de droite et à conduire à 
l'établissement d'un gouvernement de gauche", poursuit le texte 
lu par la présentatrice. 
    Un sondage réalisé l'an passé montrait que deux tiers des 
Israéliens estimaient que la presse de leur pays était orientée 
à gauche. 
    Le communiqué des services de Netanyahu exploite cette 
désaffection de l'opinion publique à l'égard de la presse et 
réaffirme la nécessité d'une réforme des chaînes nationales de 
télévision. 
    "L'émission de Dayan montre parfaitement pourquoi 
l'industrie médiatique a besoin d'être réformée. Le Premier 
ministre est déterminé à ouvrir le marché à la concurrence qui 
apportera une plus grande variété d'opinions ainsi qu'une 
efficacité de la diffusion", affirme le communiqué. 
    Les propos ont surpris les observateurs. Si les mauvaises 
relations entre Netanyahu et la presse sont connues, peu 
s'attendaient à une telle attaque personnelle exprimant la 
colère. 
    Cette affaire intervient dans un contexte de critiques 
adressées à Netanyahu et à ses partenaires du Likoud après leur 
tentative de fermer une chaîne publique pour la remplacer par 
une autre qui devait commencer à émettre en janvier. 
    Le projet lancé en 2014 a vu l'embauche de 500 personnes 
pour travailler sur cette antenne avec un renfort prévu de 150 
postes supplémentaires. 
    Mais Netanyahu semble vouloir désormais renoncer à cette 
entreprise en raison du coût mais aussi à cause de l'orientation 
d'une partie des journalistes recrutés. "La chaîne a été 
noyautée par des gens avec des orientations de gauche et 
anti-gouvernementales", a commenté David Bitan, chef de la 
coalition parlementaire au pouvoir.    
 
 (Maayan Lubell; Pierre Sérisier pour le service français, édité 
par Tangi Salaün) 
 
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  • charleco il y a 4 semaines

    Et ils disent qu'Assad est un dictateur!