Israël frappe Gaza en réponse à des tirs brisant la trêve

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(Avec réaction du Hamas, deux enfants blessés) par Nidal al-Mughrabi et Stephen Kalin GAZA/LE CAIRE, 19 août (Reuters) - L'armée israélienne a mené des frappes aériennes dans la bande de Gaza, mardi, après avoir accusé le Hamas d'avoir tiré des roquettes en violation de la trêve qui devait expirer en fin de soirée. Un responsable israélien a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait rappelé les négociateurs israéliens participant aux pourparlers du Caire. Israël n'a cependant pas précisé si les négociations indirectes sous l'égide de l'Egypte étaient rompues. L'armée israélienne a annoncé que trois roquettes avaient été tirées depuis la bande de Gaza en direction de la ville de Beersheba, dans le sud d'Israël, huit heures avant l'expiration de la trêve conclue la semaine dernière et prolongée lundi de 24 heures. Ces tirs, qui n'ont pas fait de victimes, n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat. Le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, a dit ne pas être au courant de tels tirs. "Cette attaque à la roquette constitue une violation grave et directe du cessez-le-feu", a accusé Mark Regev, porte-parole de Benjamin Netanyahu. Un porte-parole militaire israélien a précisé que le chef du gouvernement avait ordonné à Tsahal de frapper des "cibles terroristes" à Gaza. Un journaliste de Reuters a vu un chasseur israélien tirer un missile à l'est de la ville de Gaza. Des témoins ont parlé de plusieurs frappes dans ce secteur. Deux enfants ont été blessés, ont dit des sources médicales, et des dizaines de Palestiniens ont à nouveau fui leurs maisons, quelques jours après y être revenus. "AUCUNE AVANCÉE SUR AUCUN POINT" Au Caire, où se déroulent les pourparlers indirects en vue d'une cessation durable des hostilités, le chef de la délégation palestinienne avait mis en garde lundi soir, après l'extension de 24 heures de la trêve, contre l'absence de progrès dans les négociations. Il n'y a eu "aucun progrès sur aucun point", avait déclaré Azzam al Ahmed. "Nous espérons que chaque minute des 24 prochaines heures sera utilisée pour parvenir à un accord sinon, le cycle des violences continuera", avait ajouté ce responsable du Fatah, le mouvement du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, en accusant Israël de "manoeuvrer et traîner des pieds". Un responsable du Hamas, Moussa Abou Marzouk, avait de son côté prévenu sur Twitter avant la reprise des violences à Gaza que le mouvement islamiste "ne renoncerait jamais à aucune" de ses revendications. Un responsable palestinien à Gaza a déclaré que les discussions achoppaient notamment sur la demande du Hamas de doter la bande côtière d'un port et d'un aéroport. Israël se dit prêt à aborder ce point uniquement dans le cadre de négociations ultérieures pour parvenir à un accord de paix permanent avec les Palestiniens. Israël, qui a lancé le 8 juillet l'opération "Bordure protectrice" pour mettre fin aux tirs de roquettes sur son territoire, exige pour sa part la démilitarisation de la bande de Gaza. Le Hamas, qui prône la destruction de l'Etat hébreu, exclut catégoriquement de renoncer à ses armes. Le mouvement islamiste insiste aussi sur la libération de prisonniers palestiniens par Israël, qui réclame de son côté la restitution par le Hamas des cadavres de deux militaires tués dans le conflit. Selon le ministère palestinien de la Santé, le conflit a fait 2.016 morts, essentiellement des civils, dans la bande de Gaza, territoire densément peuplé. Israël a perdu 64 militaires et trois civils. (Bertrand Boucey, Agathe Machecourt et Tangi Salaün pour le service français)

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