Israël frappe à Gaza, dit avoir déjoué un attentat à la bombe

le , mis à jour à 17:43
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(Actualisé avec Shin Bet, §§ 11, 12) par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller GAZA/JERUSALEM, 11 octobre (Reuters) - Une femme enceinte et sa fille de trois ans ont péri aux premières heures de dimanche dans un raid aérien israélien contre la bande de Gaza, en riposte à des tirs de roquettes sur le sud de l'Etat hébreu. La police israélienne, confrontée à une multiplication des attaques à l'arme blanche, a annoncé avoir déjoué une tentative d'attentat à la voiture piégée qui devait viser Jérusalem -- une version contestée de source palestinienne. Quatre Israéliens et 23 Palestiniens ont été tués en douze jours de violences, provoquées en partie par les interrogations sur l'avenir du statut de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Les affrontements dans la ville sainte se sont étendus à la Cisjordanie et à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Trente-sept manifestants palestiniens ont été blessés par balles dimanche en Cisjordanie, selon des sources médicales palestiniennes. Après des tirs de roquettes sur Israël, Tsahal a annoncé qu'une frappe aérienne avait visé une installation du Hamas dans la bande de Gaza. C'est au cours de cette attaque qu'une femme enceinte et sa fille de trois ans ont été tuées, ont déclaré les autorités de l'enclave côtière palestinienne. En Cisjordanie, sur une route menant à Jérusalem, la police israélienne a arrêté une voiture conduite par une femme. Celle-ci est sortie du véhicule en criant "Allah est grand" et a déclenché une charge explosive alors qu'un policier s'approchait d'elle, précisent les forces de sécurité. La femme, âgée de 31 ans, souffre de brûlures sur 40% du corps, a précisé l'hôpital Hadassah de Jérusalem. Le policier a également été blessé par l'explosion. Rafi Cohen, un responsable de la police israélienne, a parlé d'une "voiture piégée" et affirmé que "la femme terroriste voulait se rendre à Jérusalem". Des bonbonnes de gaz ont été trouvées à bord du véhicule, qui n'a été que légèrement endommagé par l'explosion, a dit une source policière israélienne. VERSION CONTESTÉE Cette version est contestée par une source au sein des services de sécurité palestiniens qui parle d'une explosion accidentelle. Selon le Shin Bet, le renseignement intérieur israélien, la suspecte, qui n'a pas de liens connus avec des groupes activistes, a utilisé "des produits inflammables" pour faire exploser une seule bonbonne de gaz à l'approche du policier. "Il ne s'agit pas d'un engin explosif", dit le Shin Bet dans un communiqué, tout en précisant que la femme portait sur elle des papiers rendant hommage aux "martyrs" palestiniens. Outre la poursuite de la colonisation juive dans les territoires occupés, la colère palestinienne trouve son origine dans la crainte que les visites régulièrement organisées par des groupes juifs, y compris par des élus, sur l'esplanade des Mosquées, dans la Vieille Ville de Jérusalem, finissent par remettre en cause le statut de l'endroit. Lieu saint de l'islam et du judaïsme, le site est administré par les autorités religieuses jordaniennes. Les juifs, qui l'appellent Mont du Temple, peuvent s'y rendre mais n'ont pas le droit d'y prier, ce que certains contestent. Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a estimé que la journée de vendredi dernier marquait le début d'une troisième "intifada sur toute la terre de Palestine". En 2000, Ariel Sharon, à l'époque chef de l'opposition israélienne, s'était rendu sur l'esplanade des Mosquées, suscitant la colère des Palestiniens qui avaient lancé la deuxième intifada ("soulèvement") après celle de 1987. Pendant cinq années d'affrontements, 3.000 Palestiniens et un millier d'Israéliens avaient été tués. (Avec Dan Williams à Jérusalem; Eric Faye, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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