Israël établit des barrages aux sorties de Jérusalem-est

le , mis à jour à 17:15
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(actualisé avec attaque déjouée, déclaration de Fabius) JERUSALEM, 14 octobre (Reuters) - Les forces de sécurité israéliennes ont commencé à établir des barrages aux entrées des quartiers arabes de Jérusalem-est, mercredi, quelques heures après en avoir reçu l'autorisation du gouvernement qui espère ainsi enrayer la vague de violence qui secoue le pays. L'opération n'a toutefois pas empêché un Palestinien de tenter de poignarder un membre des forces de sécurité israéliennes à l'entrée de la vieille ville de Jérusalem, a annoncé une porte-parole de la police qui a précisé que l'assaillant a été abattu. Des responsables palestiniens ont condamné ces mesures de sécurité exceptionnelles, les plus sévères depuis la deuxième intifada au début des années 2000, parlant d'une "punition collective" en réponse à la multiplication des attaques menées par des Palestiniens. A l'issue d'une réunion du cabinet de sécurité qui s'est achevée dans la nuit, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné son feu vert au bouclage de Jérusalem-est, dont étaient originaires la plupart des auteurs des attaques. Sept Israéliens et 31 Palestiniens, dont huit enfants, ont été tués depuis le début de la vague de violences il y a deux semaines, sur fond de tensions autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Les attaques au couteau, à l'arme à feu ou à la voiture bélier se sont multipliées ces derniers jours, créant un climat de psychose en Israël. Benjamin Netanyahu a également ordonné le déploiement de soldats supplémentaires sur les principales routes du pays, en particulier le long de la "barrière de sécurité" qui sépare la Cisjordanie du territoire israélien. Il a aussi donné son feu vert à la révocation du droit de résidence accordé aux Palestiniens soupçonnés de "terrorisme" et à la destruction des maisons des auteurs d'attaques, assortie d'une interdiction de reconstruire. "PUNITION COLLECTIVE" Réagissant à l'établissement de premiers barrages à la sortie du quartier de Djabel Moukabar mercredi matin, un responsable du Fatah du président Mahmoud Abbas, Dimitrii Delliani, a fustigé une "punition collective contraire aux textes internationaux". "Les décisions du gouvernement (israélien) ne mettront pas fin à l'intifada. Les peuples qui résistent ne craignent pas les nouvelles restrictions sécuritaires", a de son côté déclaré Houssam Badrawn, porte-parole du Hamas. Un responsable israélien a assuré sous le sceau de l'anonymat que les forces de sécurité israéliennes ne cherchaient pas à boucler complètement Jérusalem-est mais à "encercler" les quartiers arabes, où vivent quelque 300.000 personnes, pour contrôler étroitement les allées et venues. "Personne ne va boucler Jérusalem-Est", a également assuré Ayelet Shaked, ministre israélienne de la Justice sur la radio de l'armée. Ces mesures répondent à des impératifs de sécurité et n'augurent pas d'une division politique de la ville, a déclaré de son côté à Radio Israël le ministre des Affaires de Jérusalem, Zeev Elkin. Israël considère Jérusalem comme sa capitale indivisible, tandis que l'Autorité palestinienne veut faire de Jérusalem-est la capitale de l'Etat qu'elle espère créer. L'isolement total des quartiers arabes risquerait d'attiser la violence et serait moralement et politiquement contestable, soulignent certains commentateurs israéliens et les observateurs. "Le bouclage des quartiers de Jérusalem-est limiterait la liberté de mouvement de l'ensemble des habitants palestiniens au lieu d'apporter une réponse ciblée à un problème spécifique", prévient l'organisation Human Rights Watch en dénonçant "une politique de harcèlement et d'abus". A l'Assemblée nationale, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a souhaité mercredi qu'une action internationale soit menée afin de pousser Israël et les autorités palestiniennes à négocier réellement un accord de paix. ID:nL8N12E36B "La France demande qu'il y ait une action pas seulement des deux pays, Palestine et Israël, qui doivent bien sûr travailler ensemble, mais un encadrement international pour les pousser vraiment à négocier, à faire la paix", a-t-il ajouté durant la séance de questions au gouvernement. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a déclaré mardi qu'il se rendrait "prochainement dans la région pour éloigner les deux camps du précipice". ID:nL8N12D52E (Nicolas Delame et Tangi Salaün pour le service français)

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