Israël divisé après le meurtre présumé d'un Palestinien

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    JERUSALEM, 28 mars (Reuters) - L'enquête ouverte jeudi 
dernier pour éclaircir les circonstances de la mort d'un 
Palestinien, qui apparaît sur une vidéo avoir été abattu alors 
qu'il était à terre et blessé, suscite des frictions au sein du 
gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu. 
    Une vidéo tournée jeudi par un passant peu après l'attaque 
menée par deux Palestiniens à Hébron, et que Reuters a pu voir, 
montre l'un des deux hommes au sol, bougeant à peine. Alors que 
les ambulances israéliennes arrivent sur les lieux, un soldat 
semble viser la tête de l'homme à terre et tirer. On voit le 
corps sursauter et du sang couler de la tête. 
    Quelque minutes plus tôt, l'homme abattu avait poignardé et 
blessé un autre soldat israélien, sans mettre sa vie en danger. 
  
    L'armée israélienne a annoncé que le soldat suspect avait 
été arrêté pour meurtre présumé, et la police militaire 
israélienne mène une enquête. Il pourrait devenir le premier 
militaire à être poursuivi pour meurtre, à l'heure où les 
attaques par des Palestiniens, à l'issue souvent mortelle pour 
ces derniers, sont en recrudescence depuis octobre. 
    Le ministre de l'Education, Naftali Bennett, du Foyer juif, 
parti d'extrême droite au sein du gouvernement de coalition, a 
mis en garde contre les accusations de meurtre. Et la presse 
israélienne rapporte qu'il s'est opposé au Premier ministre 
Netanyahu lors du conseil des ministres de dimanche. 
    "Je déclare ici que ce soldat n'est pas un meurtrier, et que 
des poursuites pour meurtre représenteraient une perte de 
contrôle totale", a dit Bennett à Radio Israël, se faisant 
l'écho d'autres ministres, y compris appartenant au Likoud, le 
parti de Netanyahu. 
    "Quelqu'un a confondu les bons et les mauvais (...) et je 
compte m'assurer que le soldat ait un procès juste et non un 
simulacre de procès", a ajouté Bennett. 
     
   "CIRCONSTANCES OPÉRATIONNELLES DIFFICILES"  
    Netanyahu, qui avait dit jeudi, avec mesure, que les actions 
du soldat "ne représentaient pas les valeurs des Forces de 
défense d'Israël (IDF)", a paru encore plus circonspect 
dimanche. 
    "Les soldats de l'IDF, nos enfants, adhèrent à des valeurs 
morales élevées lorsqu'ils combattent avec courage des 
meurtriers assoiffés de sang dans des circonstances 
opérationnelles difficiles", a-t-il dit au gouvernement. 
    "Je suis certain que, dans tout événement, y compris le 
présent incident, l'enquête prendra en compte toutes les 
conditions", a-t-il ajouté. 
    L'attaque à Hébron a relancé le débat sur l'usage excessif 
de la force par l'armée envers les Palestiniens, les dirigeants 
palestiniens accusant Israël d'exécutions arbitraires. 
    Selon la radio militaire israélienne, le soldat impliqué est 
arrivé sur place après l'attaque, et d'autres militaires avaient 
déjà déterminé que l'homme ne posait plus de danger. Il aurait 
alors dit à deux reprises que le Palestinien "méritait de 
mourir". 
    La famille du fantassin a dit qu'il craignait que l'homme ne 
déclenche une bombe. Des soutiens ont fait circuler une pétition 
demandant à ce qu'il soit décoré. 
    Un millier de colons israéliens vivent à Hébron, une ville 
palestinienne de 200.000 habitants où les incidents sont 
fréquents.  
 
 (Dan Williams; Julie Carriat pour le service français, édité 
par Henri-Pierre André) 
 
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