Israël demande aux civils du nord de Gaza de partir

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ISRAËL VA BOMBARDER LE NORD DE LA BANDE DE GAZA
ISRAËL VA BOMBARDER LE NORD DE LA BANDE DE GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA (Reuters) - Les autorités israéliennes ont demandé dimanche à des milliers d'habitants du nord de la bande de Gaza de quitter les lieux, en prévision d'attaques contre les sites de lancement de roquettes, au sixième jour d'une offensive qui, selon les Palestiniens, a fait au moins 159 morts dans le territoire côtier.

"Ceux qui ne se plieront pas aux injonctions mettront en danger leurs vies et celles de leurs familles. Attention!", pouvait-on lire sur un des tracts largués par l'armée israélienne sur la ville de Beit Lahiya, près de la frontière avec Israël.

Les tracts destinés à cette ville où vivent 70.000 Palestiniens stipulaient que les civils de trois de ses dix quartiers devaient "évacuer leurs habitations" et se diriger plus au sud, cela avant midi heure locale (09h00 GMT).

Sur les 159 Palestiniens tués par les raids israéliens, 135 sont des civils et l'on compte parmi eux une trentaine d'enfants, indique le ministère de la Santé de Gaza.

Tôt dimanche matin, un commando de la marine israélienne a attaqué un site de lancement de roquettes de longue portée, dans le nord de la bande de Gaza, premier affrontement au sol signalé en six jours d'offensive israélienne pour faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes.

Appuyés par l'aviation, les membres du commando ont endommagé le site de tir de roquettes, et les activistes palestiniens ont riposté, blessant quatre militaire israéliens, ont déclaré des porte-parole de Tsahal.

Le Hamas, mouvement radical palestinien qui contrôle la bande de Gaza, a affirmé que ses hommes avaient ouvert le feu sur le commando alors qu'ils se trouvait encore en mer, l'empêchant de débarquer sur la côte.

Mais selon le lieutenant-colonel israélien Peter Lerner, porte-parole de l'armée, le commando a "accompli sa mission" et les résultats de ce raid "sont la première activité terrestre rendue publique" par les troupes de la marine à Gaza.

Un raid aérien israélien sur la maison du chef de la police de Gaza a fait 18 morts samedi soir, rapporte d'autre part le ministère gazaoui de la Santé. C'est l'attaque la plus meurtrière dans le territoire côtier palestinien depuis le début des frappes israéliennes mardi dernier.

De source proche du mouvement Hamas, on précise que le chef de la police, Taïssir Al Batch, est dans un état critique et que toutes les personnes tuées appartiennent à la famille Al Batch.

SIRÈNES A L'AÉROPORT BEN GOURION

Selon le porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza, Achraf Al-Kidra, 45 personnes ont en outre été blessées et d'autres sont encore prises au piège sous les gravats.

Les sirènes d'alerte aux roquettes ont retenti tout au long de la nuit en Israël, poussant les habitants à courir vers des abris. Selon l'armée israélienne, plus de 800 roquettes ont été tirées depuis mardi dernier.

Deux heures après l'annonce du raid du commando de marine, une salve de roquettes longue portée a été tirée, et les sirènes ont retenti dimanche matin à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv de même que dans certaines villes de banlieue.

Israël a mené 1.320 raids contre des objectifs dans la bande de Gaza, dont la moitié contre des sites de tir de roquettes et le reste contre des centres de commandement, des fabriques de roquettes, des entrepôts et des tunnels de contrebande.

Le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, a réagi aux tirs de roquettes en annonçant qu'une offensive terrestre pourrait s'avérer nécessaire dans les prochains jours.

"Nous détruisons les entrepôts d'armes, les maisons des militants, leurs armes, leurs lance-roquettes (...) Les dégâts sont importants et continuent d'augmenter, mais cela pourrait ne pas être suffisant, nous pourrions avoir besoin d'une opération terrestre d'envergure", a-t-il écrit.

(Guy Kerivel, Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français)

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