Israël bombarde les bâtiments du Hamas à Gaza et mobilise

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ISRAËL BOMBARDE GAZA
ISRAËL BOMBARDE GAZA

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - L'aviation israélienne a bombardé samedi les bâtiments gouvernementaux du Hamas à Gaza après l'autorisation donnée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu de mobiliser jusqu'à 75.000 réservistes, signe supplémentaire d'une possible intervention terrestre israélienne dans l'enclave côtière palestinienne.

Selon le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, les avions israéliens ont notamment bombardé le bâtiment abritant les bureaux du Premier ministre Ismaïl Haniyeh.

Cette frappe a été confirmée par l'armée israélienne, qui dit avoir aussi bombardé durant la nuit le siège du ministère de l'Intérieur et un bâtiment de la police du Hamas.

Un immeuble de trois étages appartenant à Abou Hassan Salah, un dirigeant du Hamas, a été complètement détruit et les secouristes palestiniens disent avoir extrait au moins 30 personnes des décombres.

Selon un bilan fourni par les autorités gazaouies, 38 Palestiniens, dont une moitié de civils, y compris huit enfants et une femme enceinte, ont été tués depuis le lancement de cette offensive israélienne mercredi. Le but affiché par l'Etat hébreu est de dissuader les Palestiniens de tirer des roquettes dans le sud d'Israël.

Côté israélien, trois civils ont été tués jeudi par une roquette.

Malgré les violences, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, est arrivé samedi matin dans la bande de Gaza, à laquelle les pays arabes multiplient les déclarations de soutien. Il s'est rendu dans un hôpital au chevet des blessés.

Les activistes palestiniens ont recommencé à tirer des roquettes en direction d'Israël après le lever du jour, après une relative accalmie durant la nuit, selon l'armée israélienne.

TEL AVIV ET JÉRUSALEM VISÉES

Le Hamas a revendiqué des tirs de roquettes vendredi en direction de Jérusalem et de Tel Aviv. D'après l'Etat hébreu, le projectile visant Jérusalem a atterri en Cisjordanie tandis que Tel Aviv n'a pas été touchée. Aucune victime ni aucun dégât n'ont été signalés.

De nombreux Israéliens ont été stupéfaits d'entendre les sirènes d'alerte retentir à Jérusalem, qui n'a plus été touchée par une roquette palestinienne depuis 1970. La ville trois fois sainte - pour les juifs, les chrétiens et les musulmans - n'avait pas été prise pour cible lorsque l'Irak de Saddam Hussein avait tiré des missiles vers Israël durant la guerre du Golfe en 1991.

Selon l'armée israélienne, environ 150 roquettes tirées à partir de Gaza ont atteint Israël depuis vendredi tandis qu'au moins 83 autres ont été interceptées par son système antimissile Dôme de fer.

Benjamin Netanyahu a présidé vendredi soir une réunion de quatre heures avec plusieurs de ses ministres à Tel Aviv pour étudier un possible élargissement de l'action militaire, tandis que d'autres ministres étaient consultés par téléphone.

De sources politiques, on indique que le chiffre de 75.000 réservistes - tous ne seront pas forcément effectivement mobilisés - représente plus du double du nombre de réservistes initialement envisagé pour l'offensive sur Gaza.

Autre signe de préparation d'une intervention au sol, les forces armées israéliennes ont annoncé que l'autoroute menant à la bande de Gaza et deux routes qui longent le territoire où vivent 1,7 million de Palestiniens allaient être fermées au trafic civil.

Des chars et des pièces d'artillerie mobiles ont été aperçus vendredi près de la zone frontalière. L'armée dit avoir déjà rappelé 16.000 réservistes.

"Les forces de défense d'Israël continueront à frapper fort le Hamas et sont prêtes à élargir l'action à l'intérieur de Gaza", a déclaré Benjamin Netanyahu avant les tirs de roquettes vers Tel Aviv et Jérusalem.

OBAMA DISCUTE AVEC NETANYAHU ET MORSI

Le président américain Barack Obama s'est entretenu vendredi avec le chef du gouvernement israélien et avec le président égyptien Mohamed Morsi, a annoncé la Maison blanche, tandis que le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, discutait avec son homologue israélien, Ehud Barak.

Lors de leur conversation téléphonique, Benjamin Netanyahu et Barack Obama ont évoqué les moyens de désamorcer la tension entre Israël et Gaza.

Le président américain a "réaffirmé le soutien des Etats-Unis au droit d'Israël à se défendre et a exprimé ses regrets à propos de la perte des vies civiles israéliennes et palestiniennes", selon le communiqué de la Maison blanche relatant l'entretien téléphonique.

Lors de son entretien avec le président égyptien, Barack Obama a félicité Mohamed Morsi pour les efforts de médiation de l'Egypte. Le Premier ministre égyptien Hicham Kandil s'est rendu à Gaza vendredi. Il a fait savoir que Le Caire était prêt à jouer les intermédiaires dans la mise au point d'une trêve.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est entretenue vendredi par téléphone avec ses homologues égyptien et israélien ainsi qu'avec le roi Abdallah de Jordanie. Elle a prévu d'avoir un entretien avec le Premier ministre du Qatar samedi.

Vainqueurs des élections législatives de 2006, les islamistes du Hamas contrôlent la bande de Gaza depuis 2007, le pouvoir de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas ne s'exerçant dans les faits qu'en Cisjordanie.

Dimanche, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak devrait demander le déblocage de 750 millions de shekels (près de 150 millions d'euros) pour étoffer le dispositif "Dôme de fer", ce qui correspond à trois batteries supplémentaires d'interception de missiles.

Danielle Rouquié et Bertrand Boucey pour le service français

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  • raich2 le samedi 17 nov 2012 à 14:02

    Nouvelles taxes en préparation pour le reconstruction des bâtiments détruits ?

  • pierry5 le samedi 17 nov 2012 à 11:49

    Bien sûr, c'est nous qui faisons vivre les Kosovars depuis leur " Indépendance "

  • LeRaleur le samedi 17 nov 2012 à 11:11

    Et c'est encore l'UE qui va payer pour la reconstruction, comme d'hab.