Israël adopte une loi visant les ONG financées par l'UE

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    par Jeffrey Heller 
    JERUSALEM, 12 juillet (Reuters) - Israël a adopté lundi une 
loi sur les organisations humanitaires cause de vifs débats, ses 
opposants y voyant une attaque du gouvernement de droite contre 
les groupes de défense des droits de l'homme, tandis que ses 
soutiens affirment qu'elle mettra fin aux ingérences étrangères 
dans ses affaires intérieures. 
    La loi transparence" présentée par le ministre de la Justice 
d'extrême droite Ayelet Shaked, obligera les ONG à préciser 
l'origine de leurs donations venues de l'étranger dans les cas 
où plus de la moitié de leur financement provient d'Etats autres 
qu'Israël ou d'organisations étrangères comme l'Union 
européenne. 
    Les Etats-Unis et l'Union européenne se sont inquiétés 
publiquement de ce texte, qui a été adopté lundi en troisième 
lecture par 57 voix contre 48 lors d'une séance parlementaire 
houleuse.  
    Ses opposants jugent la loi discriminatoire, car la plupart 
des groupes qui reçoivent des fonds d'autres pays ou de l'UE 
sont des associations opposées à la politique du gouvernement à 
l'égard des Palestiniens. 
    "La loi sur les ONG (...) illustre, plus que toute autre 
chose, le fascisme naissant qui s'insinue dans la société 
israélienne", a dit à des journalistes le chef de l'opposition 
Isaac Herzog, du parti de centre gauche de l'Union sioniste, 
quelques heures avant le vote. 
    Les fonds privés en provenance de l'étranger, et notamment 
l'argent reçu par les organisations israéliennes qui soutiennent 
les colonies de peuplement établies sur des territoires 
palestiniens, ne sont pas visés par la loi. 
     "C'est une loi dont le seul but est de réduire au silence 
et de marquer ceux qui osent faire entendre des critiques à 
l'égard du gouvernement ou contre les colonies", déclare dans un 
communiqué le groupe Israel Peace Now. 
    Dans sa version finale, la loi a été remaniée pour exclure 
une disposition qui demandait aux membres des groupes de 
réflexion et ONG concernés de porter des badges nominatifs 
spéciaux lors de leurs visites aux législateurs. 
    Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a défendu la loi 
comme "démocratique et nécessaire", et a semblé évoquer le 
soutien financier reçu par des groupes israéliens qui défendent 
un Etat palestinien. 
    Sur plus de 30.000 associations enregistrées en Israël, la 
moitié sont en activité. Environ 70 d'entre elles sont 
spécialisées dans le conflit israélo-palestinien et reçoivent 
des fonds de l'Union européenne, ou de pays comme le Danemark, 
la Suède, la Belgique ou la Norvège. 
    "J'espère que les pays (...) tenteront d'influencer Israël 
par la voie diplomatique, et pas en finançant à hauteur de 
millions de dollars ou d'euros des ONG qui essaient 
habituellement de promouvoir leurs opinions", a dit lundi Ayelet 
Shaked à Reuters. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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