ISF, loi travail : Manuel Valls recadre Emmanuel Macron et Pierre Gattaz

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VIDÉOS - Le premier ministre ne veut pas être «l'otage» de Pierre Gattaz qui menace le gouvernement de quitter les négociations sur l'assurance chômage et affiche son opposition avec son ministre de l'Économie sur la suppression de l'ISF.

Emmanuel Macron qui veut supprimer l'ISF, Pierre Gattaz qui menace le gouvernement, Manuel Valls avait de quoi réagir ce mercredi matin. Et il n'a pas mâché ses mots.

• Macron: «Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF»

Réponse de Manuel Valls: «Supprimer l'ISF serait une faute»

«Au moment où nous renforçons la prime d'activité, où nous prolongeons la hausse du RSA, où nous nous attaquons au fléau de la pauvreté, où nous ouvrons le débat sur le revenu universel, supprimer l'ISF serait une faute». Et d'ajouter: «Que chacun reste à sa place dans la cohérence et la loyauté». Contacté par Le Figaro, l'entourage du ministre de l'Économie dément qu'Emmanuel Macron a suggéré vouloir supprimer l'ISF. «En matière de valorisation du risque et de lutte contre la rente, le ministre privilégie l'impôt sur les successions plutôt que l'ISF, explique Bercy au Figaro. Mais privilégier l'un n'implique pas la suppression de l'autre. Le ministre reste attaché au principe de solidarité».

Ce n'est pas la première fois que le ministre de l'Économie se fait sévèrement recadrer par le premier ministre. Les 35 heures, le statut des fonctionnaires ou encore le régime social des travailleurs indépendants (RSI) sont autant de sujets sur lesquels les deux réformistes ont éprouvé leur rivalité. Sur le RSI, Manuel Valls lui avait même adressé un ferme rappel à l'ordre: «C'est moi le chef du gouvernement».

• Gattaz: «Si rien ne bouge sur ce texte (loi travail, ndlr), dans les trois semaines, nous en tirerons les conséquences»

Réponse de Manuel Valls: «Ni ces négociations, ni la loi sur le travail ne deviendront l'otage d'enjeux internes au patronat»

«Je regrette cette méthode qui consiste à poser des ultimatums. Prendre en otage la négociation de l'assurance chômage, c'est-à-dire sur le revenu de ceux qui ont perdu un emploi, c'est, je crois, ne pas être à la hauteur des responsabilités en tant que partenaire social, a déclaré le premier ministre sur France Info. Ni ces négociations, ni la loi sur le travail ne deviendront l'otage d'enjeux internes au patronat».

Le chef du gouvernement a invité le président du Medef a revenir à la table des négociations. «Je crois à la négociation, au dialogue, au rôle des partenaires sociaux, au paritarisme. Quand on discute, quand on négocie, on ne pose pas des ultimatums», souligne Manuel Valls qui appelle Pierre Gattaz à «respecter le Parlement, qui s'est saisi de cette loi, l'enrichit, l'amende, est à l'écoute par ailleurs des partenaires sociaux».

Ce projet de loi, qui a connu plus versions et suscité de nombreuses oppositions dont le mouvement Nuit Debout, sera en discussion à compter du 3 mai à l'Assemblée nationale et pourrait être voté d'ici l'été prochain. Quant à la nouvelle convention d'assurance-chômage, elle doit entrer en vigueur le 1er juillet. La prochaine séance de négociation aura lieu le 28 avril.

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