ISF : le chef de l'État plaide en faveur d'«une vraie réforme» 

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Le groupe de travail sur la fiscalité, animé par François Baroin, dévoilera ses «pistes» le 3 mars, lors d'un colloque.

Suppression ou aménagement de l'ISF? «Le sujet me passionne», a confié mercredi le chef de l'État aux députés UMP qu'il recevait à déjeuner, à propos de la fiscalité du patrimoine. Reconnaissant qu'il y a «débat» au sein de la majorité sur la question, Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'un projet de loi de finances rectificative serait bien déposé «en juin» mais qu'il ne voulait pas de «proposition parcellaire»: «Il vaut mieux une vraie réforme, avec quelques inconvénients, qu'une toute petite réforme, avec tous les inconvénients», a lancé le président. En rappelant que «les socialistes espagnols et les Allemands ont supprimé l'ISF» et que «le problème n'existe nulle part ailleurs» qu'en France, Nicolas Sarkozy a paru plaider, comme la veille, dans la Marne, en faveur de la suppression de l'impôt sur la fortune. «Je crois au capitalisme familial, pas au capitalisme financier», a ajouté le chef de l'État, qui a fait remarquer aux députés UMP: «Ce débat, c'est vous qui l'avez voulu.»

De son côté, le ministre du Budget, François Baroin, a déclaré après le Conseil des ministres que le gouvernement planche actuellement sur «trois ou quatre scénarios». «Nous travaillons sur le scénario de la suppression complète de l'ISF en parallèle de la suppression complète du bouclier fiscal», ou encore celui de «l'aménagement d'une fiscalité sur les plus fortunés» à travers «une taxation qui s'appuie moins sur le patrimoine que sur les revenus du capital».

Le groupe de travail que pilote le porte-parole du gouvernement se réunira à nouveau le 1er mars à Matignon, en présence de François Fillon, et dévoilera ensuite le 3 mars, lors d'un colloque, «les pistes» retenues et celles qui sont écartées. Parmi elles: la proposition faite par Jérôme Chartier (UMP, Val-d'Oise) de fiscaliser les plus-values lors de la vente de la résidence principale, qui a été accueillie par une salve de critiques à l'UMP. «Nous avons encore deux bons mois de travail», a indiqué François Baroin. Le ministre du Budget a rappelé que le gouvernement «liait la question du bouclier fiscal à celle de l'ISF, contrairement à la gauche» qui réclame la suppression du bouclier, mais veut garder l'ISF.

«Le symbole est plus fort que la réalité»

Cette précision ne pouvait que satisfaire Michel Piron (UMP, Maine-et-Loire), qui est à l'origine d'une proposition de loi, cosignée à l'automne dernier par 126 députés UMP, pour réclamer la suppression concomitante du bouclier et de l'ISF. «La question que nous avons posée est toujours d'actualité», se réjouit-il. Mais les députés UMP sont toujours très divisés sur la question. «Je ne voterai pas la suppression de l'ISF, car le symbole est plus fort que la réalité», prévient Chantal Brunel (Seine-et-Marne). Le villepiniste Jacques Le Guen (Finistère) plaide aussi pour le maintien de l'ISF «en fonction des revenus de chacun». Richard Mallié (Bouches-du-Rhône) suggère son aménagement, «avec un abattement à 100% limité à 450.000 euros» pour sortir de l'assiette de l'ISF la majeure partie des résidences principales. Les propositions affluent, mais, à l'approche des échéances de 2012, la prudence semble de mise.

«Très en forme», selon les participants, Nicolas Sarkozy s'est aussi targué, lors de cette rencontre, d'avoir fait en termes d'audience «plus que France-Brésil, et c'était plus long qu'un match!» lors de son émission télévisée de deux heures trente, le 10 février, sur TF1.

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