ISF : comment payer moins en 2013

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Les contribuables ont le choix : payer l'intégralité de leur impôt… ou financer des entreprises non cotées et les causes qui leur tiennent à cœur. Mais ils doivent se décider vite.

L'ISF a été remanié plusieurs fois ces dernières années, mais rien n'a changé pour les contribuables qui souhaitent réduire le montant du chèque qu'ils feront bientôt au Trésor public. S'ils acceptent de prendre des risques financiers ou de faire un don, ils peuvent toujours profiter de réductions d'impôt. «C'est la stratégie la plus efficace pour ceux qui ont des revenus d'activité élevés», souligne Christine Valence-Sourdille, ingénieur patrimonial pour BNP Paribas Banque Privée.

Première solution: souscrire des parts de FIP ou de FCPI, des fonds qui investissent dans des PME non cotées en Bourse. Ce n'est pas sans risque: certains de ces fonds ont affiché des pertes importantes dans le passé. Le placement est en outre peu liquide, puisqu'il faut attendre six à dix ans avant d'en sortir complètement. Mais en contrepartie, il permet de réduire l'ISF de moitié. Plus précisément, la réduction d'impôt est égale à 50 % du montant investi par le fonds dans les PME. S'il y consacre 100% de son portefeuille, le contribuable déduit de son ISF la moitié du prix des parts de FIP ou de FCPI acquises. Si le fonds y consacre seulement 80% de son actif, la réduction d'ISF n'est plus que de 40% (50% de 80%). Au total, elle ne peut dépasser 18.000 euros.

Autre piste: choisir une entreprise non cotée et en souscrire des titres lors d'une augmentation de capital. À la clé, là encore, une économie d'ISF égale à la moitié de la mise, avec un plafond de 45.000 euros. Pour atteindre ce plafond, le contribuable doit donc être prêt à placer 90.000 euros. «Ce type d'investissement en direct est une véritable aubaine pour les contribuables qui ont la possibilité d'investir dans leur propre entreprise», note Karine Lecocq, ingénieur patrimonial chez Lazard Frères Gestion. À défaut, il leur faut se mettre en quête - dans leur entourage, auprès de business angels, etc. - d'une société qui cherche des investisseurs. En espérant qu'elle se développera et ne fera pas défaut.

Soutenir une fondation

À tout prendre, certains préfèrent soutenir une grande cause. Faire un don leur permet en effet une réduction d'ISF plus généreuse encore: 75%, jusqu'à 50.000 euros (le don peut donc atteindre 66.667 euros). «Toutefois, les contribuables qui cumulent la réduction d'impôt accordée pour la souscription au capital de PME et celle octroyée pour un don ne peuvent déduire plus de 45.000 euros au total», précise Isabelle Fauchon, responsable adjoint de l'ingénierie patrimoniale chez Neuflize.

Prudence aussi sur le choix de l'organisme qui recevra le don. Beaucoup d'associations, comme les Restos du Cœur, qui ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu, ne sont pas éligibles à l'avantage fiscal consenti sur l'ISF. «Celui-ci est pour l'essentiel réservé aux fondations reconnues d'utilité publique, comme la Fondation de France, ou abritées par celle-ci, à certains organismes d'insertion, ou encore par exemple à des organismes d'enseignement artistique», souligne Isabelle Combes, responsable du pôle expertise juridique et fiscale de la Fondation de France.

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  • dgetz le mardi 21 mai 2013 à 15:25

    Il est utile d'ajouter, que pour les assujettis ISF, seuls les dons aux fondations reconnues d'utilité publique – telle la Fondation FSJU, abritée par la Fondation du Judaïsme Français permettent d'imputer sur l'ISF, 75 % du montant des dons.