Isabelle Demongeot accable son ancien entraîneur de tennis

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ISABELLE DEMONGEOT ACCABLE SON ANCIEN ENTRAÎNEUR DE TENNIS
ISABELLE DEMONGEOT ACCABLE SON ANCIEN ENTRAÎNEUR DE TENNIS

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - L'ex-championne de tennis Isabelle Demongeot a livré vendredi un témoignage accablant contre son ancien entraîneur Régis de Camaret, qu'elle accuse de l'avoir violée dès ses 12 ans.

Incapable de contenir ses larmes, l'ancienne numéro 2 du tennis féminin français, 46 ans aujourd'hui, a déclaré devant la cour d'assises du Rhône que sa vie avait basculé à l'entrée de l'adolescence, au moment de son intégration au centre de formation de Régis de Camaret à Saint-Tropez.

Elle affirme qu'elle a été contrainte de partager la chambre de son entraîneur dès sa première rencontre à Roland Garros, à 12 ans, "sous prétexte que ça coûtait cher".

"Je dormais profondément lorsque j'ai été réveillée soudainement par une main sur mon corps d'enfant, une grosse main qui s'est glissée dans ma culotte", a-t-elle dit. "C'était un corps d'enfant face à un corps d'adulte."

La jeune fille remportera dans la foulée tous ses matches pour empocher le titre de championne junior de France.

Elle affirme avoir été violée quelques semaines plus tard par Régis de Camaret, lors d'un tournoi à Carpentras.

"J'étais paralysée et terriblement mal de ne pas pouvoir le repousser", a dit Isabelle Demongeot.

La sportive affirme que le même manège s'est poursuivi pendant neuf ans, sans toujours le confort d'une chambre d'hôtel, dans des cagibis ou dans une voiture.

"Son emprise sur moi était totale, il contrôlait tout, j'étais incapable d'en parler à ma famille ou aux autres filles du centre et il disait qu'il était indispensable à ma réussite", dit aujourd'hui Isabelle Demongeot pour expliquer son manque de réaction pendant toutes ces années.

DEUX PLAINTES RETENUES

Ce n'est qu'à 23 ans, au retour de Wimbledon, qu'elle quittera la structure, sans toutefois en avancer la raison. En 1990, elle tente d'en parler à Philippe Chatrier, président de la Fédération française de tennis. En vain selon elle.

C'est un médecin qui finira par soupçonner des viols dans son enfance et qui l'amènera à parler.

En 2005, elle dit être partie à la recherche de ses anciennes camarades et des joueuses de Saint-Tropez.

Pour une vingtaine d'entre elles, qui disent avoir été abusées, les dépôts de plainte arriveront trop tard, les faits présumés étant prescrits. Seuls deux cas, plus récents, étayent aujourd'hui les poursuites de viols et tentatives de viols engagées contre Régis de Camaret.

L'ancien entraîneur a écouté les sourcils froncés et sans broncher le long récit de son ancienne élève.

Il dément formellement tout viol et parle "d'une histoire d'amour consentie" qu'il fait remonter à 1983, alors qu'Isabelle Demongeot avait 17 ans. "Mais je ne l'ai pas violée quand elle était jeune, je n'ai pas vécu la même chose qu'elle."

La joueuse s'est déclarée "contente d'être allée au bout de ce moment pour pouvoir recommencer une nouvelle vie".

La cour d'assises du Rhône doit entendre ce jeudi Karine Pomares et Stéphanie Carrouget, 36 ans, les deux seules joueuses dont les plaintes ont été retenues.

La comparution de Régis de Camaret intervient après un chemin judiciaire semé d'embûches. La cour d'appel d'Aix-en-Provence avait prononcé un non-lieu en 2009, une décision invalidée en 2011. L'homme encourt 20 années de prison. Le verdict sera rendu le 23 novembre.

Edité par Yves Clarisse

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