Irréductibles ultras philippins.

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Irréductibles ultras philippins.
Irréductibles ultras philippins.

Dans un pays qui n'a ni football ni ultras, ils ont choisi l'un et l'autre. Les Ultras Kaya tentent, dans l'indifférence, de vivre pour les potes et la liberté à Manille. Infiltré avec la bande pour le Clasico philippin, qui n'en est pas un. En noir et jaune.Bien sûr que le rendez-vous a été donné devant un 7-Eleven. Assis devant la superette de l'avenue Taft à Manille, Philippines, ils sont une vingtaine, éclairés par les reflets verts et rouges de l'enseigne américaine. Eux sont en jaune, sacs dans le dos ou uniformes de l'université sur les épaules. Certains s'enroulent dans des tifos, d'autres sont en cagoules. "On se donne toujours rendez-vous ici avant les matchs, explique Daniel, 21 ans, l'appareil dentaire proéminent, en sortant un drapeau de son sac. Tout ce que tu vois, les écharpes, les banderoles, les maillots, c'est nous qui les avons fait nous-mêmes, à la main. Tu ne peux trouver ça nulle part, même le staff du club aimerait bien en avoir." Daniel et les autres sont les rares membres des Ultras Kaya, le seul groupe ultra des Philippines, un pays de mall et de basket qui ne sait rien des choses du football et des apaches. Des extraterrestres, que les clients du 7-Eleven observent d'un regard intrigué en commandant du poulet frit. "Go Kaya", lance Daniel, entraînant la troupe à travers la circulation de la capitale, en direction du stade Rizal.
Una KA-YA
Le 23 octobre dernier, le Kaya FC affrontait Global FC pour le dernier match de la phase de poules de la Coupe nationale. C'est ce que certains considèrent ici comme le Clasico des Philippines. "Global, c'est l'équipe des riches, atteste Xerxes, l'un des capos des Ultras Kaya, venu en look casual : manches de chemise remontées sur les bras, pantalon de costard. En réalité, le football aux Philippines est peu connu, en plein développement, mais traditionnellement c'est le sport des élites. Nous, on vient de tous les milieux, mais on est plutôt classe moyenne. Tu as des étudiants, des ouvriers, des travailleurs." L'entrée à 100 pesos (environ 1,8 euros, ndlr) se négocie gratuitement sur présentation d'une carte d'étudiant ou en prouvant avoir partagé sur Facebook la photo de la Fédération annonçant l'affiche du jour. Les Ultras Kaya prennent place sur l'aile droite de la tribune présidentielle, la seule ouverte au public. Sur les gradins en béton, des familles, des groupes de filles, et ce qui semble être la totalité de la communauté black de Manille.

"C'est les joueurs des autres équipes, sourit l'un des Kaya. Il y a beaucoup d'Africains dans la ligue, il y a pas grand-chose à faire à Manille,...



Bien sûr que le rendez-vous a été donné devant un 7-Eleven. Assis devant la superette de l'avenue Taft à Manille, Philippines, ils sont une vingtaine, éclairés par les reflets verts et rouges de l'enseigne américaine. Eux sont en jaune, sacs dans le dos ou uniformes de l'université sur les épaules. Certains s'enroulent dans des tifos, d'autres sont en cagoules. "On se donne toujours rendez-vous ici avant les matchs, explique Daniel, 21 ans, l'appareil dentaire proéminent, en sortant un drapeau de son sac. Tout ce que tu vois, les écharpes, les banderoles, les maillots, c'est nous qui les avons fait nous-mêmes, à la main. Tu ne peux trouver ça nulle part, même le staff du club aimerait bien en avoir." Daniel et les autres sont les rares membres des Ultras Kaya, le seul groupe ultra des Philippines, un pays de mall et de basket qui ne sait rien des choses du football et des apaches. Des extraterrestres, que les clients du 7-Eleven observent d'un regard intrigué en commandant du poulet frit. "Go Kaya", lance Daniel, entraînant la troupe à travers la circulation de la capitale, en direction du stade Rizal.
Una KA-YA
Le 23 octobre dernier, le Kaya FC affrontait Global FC pour le dernier match de la phase de poules de la Coupe nationale. C'est ce que certains considèrent ici comme le Clasico des Philippines. "Global, c'est l'équipe des riches, atteste Xerxes, l'un des capos des Ultras Kaya, venu en look casual : manches de chemise remontées sur les bras, pantalon de costard. En réalité, le football aux Philippines est peu connu, en plein développement, mais traditionnellement c'est le sport des élites. Nous, on vient de tous les milieux, mais on est plutôt classe moyenne. Tu as des étudiants, des ouvriers, des travailleurs." L'entrée à 100 pesos (environ 1,8 euros, ndlr) se négocie gratuitement sur présentation d'une carte d'étudiant ou en prouvant avoir partagé sur Facebook la photo de la Fédération annonçant l'affiche du jour. Les Ultras Kaya prennent place sur l'aile droite de la tribune présidentielle, la seule ouverte au public. Sur les gradins en béton, des familles, des groupes de filles, et ce qui semble être la totalité de la communauté black de Manille.

"C'est les joueurs des autres équipes, sourit l'un des Kaya. Il y a beaucoup d'Africains dans la ligue, il y a pas grand-chose à faire à Manille,...



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