Irlande : la métamorphose du Sinn Fein

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Gerry Adams, chef du Sinn Fein. 
Gerry Adams, chef du Sinn Fein. 

La politique n'est que la simple continuation de la lutte armée par d'autres moyens. Ce pourrait être du Clausewitz, c'est en réalité du Gerry Adams. Cet austère sexagénaire est le chef du Sinn Fein (« Nous seuls » en gaélique), formation qui a obtenu selon les derniers sondages sortis des urnes entre 14,9 % et 16 % aux législatives irlandaises du 26 février, devenant ainsi le troisième parti du pays. Ce score doit beaucoup au programme anti-austérité du parti, dans un pays qui a opéré l'an dernier un redressement économique spectaculaire, mais au prix d'une politique de rigueur imposée par le Premier ministre sortant, le centriste Enda Kenny. Un positionnement qui vaut au Sinn Fein d'être catalogué « gauche radicale », comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou le Bloc de gauche au Portugal.

Mais, contrairement à ces nouveaux venus sur leurs scènes politiques respectives, le Sinn Fein est né au début du siècle dernier. Et son objectif ultime va bien au-delà de la volonté d'imposer plus de justice sociale. Pendant des décennies, cette formation a été, de l'autre côté de la frontière, en Irlande du Nord, la caution politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), déjà sous la houlette de Gerry Adams.

La conquête de Dublin

« Le fusil dans une main, le bulletin de vote dans l'autre », selon un slogan de l'époque. L'IRA menait des opérations de guérilla contre l'armée britannique pour...

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