Iran-Rohani prend ses distances avec la police de moralité

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    DUBAÏ, 20 avril (Reuters) - Le président iranien, Hassan 
Rohani, a critiqué le fait que des milliers de policiers en 
civil soient chargés à Téhéran de signaler des jeunes femmes qui 
ne portent pas convenablement le foulard islamique ainsi que les 
automobilistes qui écoutent de la musique à fond dans leur 
véhicule. 
    Sept mille hommes et femmes ont entrepris lundi de signaler 
pareils cas dans les rues de la capitale. Le chef de la police a 
précisé que les agents n'étaient pas habilités à arrêter qui que 
ce soit et que leur rôle se bornait à signaler par SMS des 
violations au siège de la police. 
    Interrogé sur la "police de moralité", Hassan Rohani a 
estimé que le gouvernement ne devrait pas prendre de telles 
décisions, et il a assuré qu'il tiendrait sa promesse de 
protéger la liberté des personnes. 
    "Notre premier devoir consiste à respecter la dignité et la 
personnalité des gens. Dieu a accordé une dignité à tous les 
êtres humains(...)", a dit Rohani, cité mercredi par l'agence de 
presse iranienne Isna. 
    Les policiers iraniens font partie des forces armées et sont 
sous la supervision du guide suprême de la Révolution islamique, 
l'ayatollah Ali Khamenei, mais le gouvernement, au travers du 
ministère de l'Intérieur, a son mot à dire dans la définition 
des missions dévolues à la police. 
    Habituellement, la police de moralité est chargée 
d'interpeller des femmes dans la rue qui portent des vêtements 
de couleurs vives, un foulard trop discret ou mal ajusté, ou 
encore des femmes qui se maquillent et des hommes dont la 
coiffure ou les vêtements sont jugés "inacceptables". Cette 
branche de la police a fait fermer des salons de coiffure où 
l'on faisait des coupes à l'occidentale, ainsi que des cafés où 
les garçons et les filles n'observaient pas la loi islamique. 
    Hassan Rohani a été élu en 2013 principalement grâce aux 
voix des jeunes, et il désapprouve les règles islamiques les 
plus strictes. Nombre de jeunes espéraient que sa présidence 
s'accompagnerait d'un assouplissement des restrictions d'ordre 
culturel. 
 
 (Bozorgmeh Sharafedin; Eric Faye pour le service français) 
 
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