Iran-Rohani gagne son bras de fer avec le Majlis

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DUBAI, 26 novembre (Reuters) - Mohammad Farhadi, cinquième candidat au poste de ministre de l'Enseignement supérieur présenté par le président iranien Hassan Rohani, a obtenu mardi la confiance du parlement au terme d'une longue bataille idéologique décisive pour les projets d'ouverture du chef de l'exécutif. Le Majlis, dominé par le camp conservateur, s'est prononcé par 197 voix contre 28 et 10 abstentions en faveur de ce centriste qui a déjà exercé de hautes fonctions dans le précédent gouvernement réformateur. Les quatre autres candidats présentés par Hassan Rohani, qui avaient tous le même profil politique que le cinquième, ont été jugés trop proches des contestataires à l'origine des vastes manifestations de 2009, après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. D'une ampleur sans précédent depuis la révolution islamique de 1979, le mouvement très suivi dans les universités a fait vaciller l'élite théocratique et militaire avant d'être écrasé. Depuis, le Majlis où les fidèles de l'ayatollah Khamenei, guide suprême de la Révolution, sont en position de force, se montre particulièrement sensible au choix du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Technologie, qui détermine l'orientation idéologique du milieu universitaire. Le poste est occupé à titre temporaire depuis la destitution, il y a trois mois, du réformiste Reza Faraji-Dana, que les députés ont également jugés trop lié aux contestataires de 2009. Hassan Rohani l'avait nommé après son triomphe électoral de juin 2013. Le gouvernement "respecte la volonté du parlement en toute circonstance, mais notre première référence est l'opinion publique et la préférence du peuple va au discours modéré", a déclaré le président, évoquant son élection. Selon les observateurs, Khamenei est sans doute intervenu pour mettre fin à la confrontation entre le Majlis et le président. "Le guide suprême n'aimait pas la façon dont le parlement gérait la situation et voulait résoudre le problème rapidement", a commenté l'universitaire Sadegh Zibakalam, interrogé par Reuters. (Michelle Moghtader, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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