Iran-Peu de progrès signalés dans le prochain rapport de l'AIEA

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par Fredrik Dahl VIENNE, 3 septembre (Reuters) - Le prochain rapport trimestriel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), attendu dans la semaine, ne fera vraisemblablement état que de progrès limités dans l'enquête sur le programme nucléaire iranien, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques à Vienne. L'agence doit notamment confirmer que Téhéran n'a pas apporté les réponses qu'elle attendait avant le 25 août, ce que Reuters avait déjà signalé la semaine dernière. L'enquête de l'AIEA est étroitement liée aux négociations que la République islamique mène avec le groupe "P5+1", qui réunit les membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie) et l'Allemagne. Pour les Six, ces discussions ne pourront aboutir tant que les doutes de l'agence, qui soupçonne l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, n'auront pas été dissipés. Le rapport confidentiel de l'AIEA devrait être remis jeudi ou vendredi aux 35 Etats membres de l'organisation, qui doivent se réunir du 15 au 19 septembre dans le cadre d'un Conseil des gouverneurs. L'Iran, qui a promis de coopérer avec l'AIEA depuis l'élection du président Hassan Rohani en juin 2013, s'était engagé à lui fournir des informations sur deux points sensibles de ses recherches avant la date-butoir du 25 août. "TÉHÉRAN PROTÈGE SES ARRIÈRES" Les deux points en question ont bien fait l'objet de discussions mais les informations demandées n'ont pas été remises, dit-on de sources diplomatiques. Reza Najafi, ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA, l'a reconnu implicitement en début de semaine. Dans un rapport rédigé en 2011, l'AIEA fait état de recherches nucléaires iraniennes à des fins militaires qui ont été suspendues en 2003 sous la pression internationale. Selon les renseignements cités par les auteurs, certaines de ces recherches ont pu reprendre par la suite. Après des années de défiance à l'égard de l'agence, les autorités iraniennes lui ont remis pour la première fois en mai des informations justifiant l'existence de recherches sur des détonateurs suspects baptisés "bridge wire" et ont demandé le classement de ce point de l'enquête. Deux mois plus tard, les négociations avec les Six, qui devaient aboutir à un règlement définitif du contentieux avant le 20 juillet, conformément à l'accord intérimaire conclu à Genève fin 2013, ont été prolongées jusqu'à la fin novembre. Les grandes puissances s'efforcent de convaincre Téhéran de limiter son programme d'enrichissement d'uranium moyennant une levée progressive des sanctions internationales. "Je suppose que Téhéran protège ses arrières et essaye de savoir si des progrès sont possibles avec le groupe P5+1 avant de faire des concessions majeures dans le cadre de l'enquête de l'AIEA", a commenté Jofi Joseph, ancien responsable de la lutte contre la prolifération des armes non conventionnelles à la Maison blanche. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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